Le ministre français de l’Agriculture, Julien Denormandie, a indiqué, lundi 17 janvier à Bruxelles, qu’il avait demandé à la Commission européenne de présenter, lors de la prochaine réunion du comité spécial agriculture (CSA), une liste des mesures possibles en faveur du secteur de la viande porcine, en difficulté depuis de longs mois.
La forte préoccupation au sujet du secteur porcin a été partagée par de nombreux États membres de l’UE lors du Conseil 'Agriculture' de lundi, a souligné M. Denormandie lors d’une conférence de presse.
Le Conseil de l’UE a demandé à la Commission de « remettre des propositions » lors du prochain CSA « pour trouver les mesures pertinentes », a ajouté le président en exercice de ce Conseil. Il a indiqué que des préoccupations ont aussi été exprimées au sujet de la viande de volaille et des prix élevés des intrants.
Janusz Wojciechowski, le commissaire européen à l’Agriculture, a dit devant la presse que des tendances positives apparaissent sur le marché de la viande porcine (hausse des prix des porcelets) et il a espéré que cette hausse se répercutera sur le prix de la viande porcine en Europe. « Il faut peser le pour et le contre des différentes solutions », a-t-il dit.
Mais Janusz Wojciechowski a rappelé qu’il estimait que des mesures communautaires de marché n’étaient pas forcément la meilleure solution.
Il a rappelé les possibilités de mesures nationales ciblées dans le secteur porcin dans le cadre des programmes de développement rural et des aides d'État. Lorsque les difficultés peuvent également être liées à la Covid-19, le cadre temporaire récemment prolongé peut également offrir des possibilités, a conclu le commissaire.
Après la demande tchèque en faveur de mesures, 12 pays de l’UE ont appelé à une action de l'UE pour soutenir le secteur porcin, plusieurs d'entre eux mentionnant l'article 219 du règlement 1308/2013 sur l’organisation commune des marchés (OCM), à savoir des mesures exceptionnelles de marché. Les ministres de cinq pays ont accepté que la Commission continue de surveiller la situation de près et se tienne prête à prendre des mesures de soutien appropriées, si nécessaire, et deux autres délégations ont dit que les mesures de marché ne devraient être utilisées qu'en dernier recours.
Commerce. Les ministres de l’UE ont aussi débattu des derniers développements sur les aspects agricoles des négociations commerciales. M. Wojciechowski a notamment indiqué que l’UE reprendra les négociations avec l'Inde sur un accord de libre-échange et sur la protection des indications géographiques. Dans le courant de l'année 2022, « nous espérons également réaliser des progrès significatifs avec la Nouvelle-Zélande, l'Australie et l'Indonésie sur les accords de libre-échange en cours de négociation », a ajouté le commissaire.
Lors de la conférence de presse, Julien Denormandie a rappelé que la France souhaitait durcir le contrôle des importations agricoles au sein de l’UE en leur imposant progressivement les mêmes normes sanitaires et environnementales qu'en Europe (EUROPE 12870/4). M. Denormandie veut promouvoir activement l'inclusion dans les traités commerciaux européens de ‘clauses miroirs’ assurant la convergence des normes de part et d'autre après signature. Il s'agit d’une véritable attente des États membres, selon lui. Paris veut parallèlement accélérer les négociations sur l'adoption d'un dispositif visant à interdire l'importation dans l'UE de matières agricoles ayant contribué à la déforestation dans leurs pays de production. (Lionel Changeur)