Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a proposé aux ambassadeurs des États membres, réunis au sein du Comité politique et de sécurité (Cops), de prolonger de deux ans, à partir de ce mois de janvier, la présence maritime coordonnée européenne dans le golfe de Guinée.
Les ambassadeurs du Cops se pencheront sur le sujet ce mercredi.
Dans la révision du projet pilote de présence maritime coordonnée, datée du 12 janvier et dont EUROPE a obtenu une copie, le SEAE estime que la mise en œuvre complète du cas pilote contribuera à un soutien plus ciblé de l'UE aux États côtiers et aux structures de l’architecture de Yaoundé. « Elle apportera également une contribution plus efficace et plus substantielle à la résolution des problèmes de sécurité maritime dans le cadre de l'approche intégrée de l'UE dans le golfe de Guinée », zone de piraterie, de trafics et de pêche illégale, ajoute le document.
Les cinq États membres qui ont déployé des moyens navals dans le golfe en 2021 devraient aussi le faire en 2022. Selon le SEAE, le Danemark compte déployer des moyens pendant quatre mois, l’Espagne sept mois et demi, la France onze mois, l’Italie huit mois et le Portugal trois mois et demi. Pour l’instant, aucun navire d’État membre ne sera déployé dans la zone en août prochain.
Par ailleurs, selon le SEAE, la Commission compte présenter pour adoption, au premier trimestre 2022, une nouvelle action dans le cadre du volet de réaction rapide de l'instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (NDICI). « L'objectif global de l'action est de renforcer la cohérence des efforts de l'UE dans la région, notamment en soutenant le coordinateur principal de l'UE » pour la sécurité maritime dans le golfe de Guinée, nouvellement nommé, précise le document.
Plusieurs actions sont prévues dans ce cadre. Il s’agit notamment d’un soutien à l'engagement politique de l'UE dans la région, y compris le soutien au processus menant à des accords avec les États côtiers sur la remise des pirates présumés, et le renforcement de la coordination et des synergies entre les actions de l'UE, des États membres de l'UE et des pays tiers. Une assistance technique ou/et un renforcement des capacités des États côtiers et un soutien à la communication stratégique et à la diplomatie publique de l'UE sont d’autres domaines d’actions.
Le SEAE explique également que la Facilité européenne pour la Paix pourrait compléter le projet pilote de présence maritime coordonnée en fournissant un soutien adéquat pour renforcer les capacités des marines et des acteurs militaires de certains États côtiers impliqués dans des opérations de sécurité maritime. (Camille-Cerise Gessant)