Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a dénoncé, mardi 18 janvier, le lourd bilan en pertes humaines et les violations des libertés fondamentales au Soudan, au lendemain de nouvelles violences du pouvoir militaire contre des manifestants anti-coup d'État, qui ont fait au moins sept morts et de nombreux blessés à Khartoum.
Dans une déclaration publiée au nom des Vingt-sept, il souligne que « par un usage disproportionné de la force et le maintien en détention de militants et de journalistes, les autorités militaires démontrent qu'elles ne sont pas prêtes à trouver une solution négociée et pacifique à la crise ».
M. Borrell déplore qu' « une fois de plus », les nombreux appels de l'UE et de la communauté internationale à la retenue envers des manifestants pacifiques soient « tombés dans l'oreille d'un sourd » (EUROPE 12862/2).
Il affirme que la violence contre les civils et le maintien en détention de militants et de journalistes placent le Soudan « sur une voie dangereuse, l'éloignant de la paix et de la stabilité et compromettant la possibilité d'une solution pacifique ».
Et d'ajouter : « Nous appelons les autorités militaires à faire tout leur possible pour désamorcer les tensions. Il est essentiel d'éviter de nouvelles pertes de vies humaines ».
Les violences du 17 janvier ont porté à 70 le nombre de morts depuis le coup d'État militaire du 25 octobre. (Aminata Niang)