Le secrétaire général adjoint du Service européen pour l’action extérieure, Enrique Mora, s’est rendu à Moscou, mardi 18 janvier, afin de rencontrer des responsables russes pour discuter des relations entre l’UE et la Russie, des questions de politique étrangère et de l’architecture sécuritaire européenne.
« Les principes réitérés par les ministres des Affaires étrangères de l'UE vendredi dernier à Brest sont au cœur de la position de l'UE », a rappelé M. Mora (EUROPE 12869/2).
La veille, lors d’une audition devant les députés européens de la commission des Affaires étrangères et la sous-commission ‘Sécurité et Défense’, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a expliqué que cette visite ne porte pas spécifiquement sur la situation à la frontière ukrainienne. « Cela fait partie des contacts réguliers, il y a de nombreuses choses sur lesquelles discuter », a-t-il ajouté. Les négociations sur le nucléaire iranien pourraient ainsi être abordées.
M. Borrell a plaidé pour un dialogue avec la Russie. « Il faut parler à la Russie. 100 000 soldats (à la frontière ukrainienne) ne nous empêchent pas de parler à la Russie. (…) Ce n'est pas une bonne idée d'arrêter de parler avec elle. Nous continuerons à participer aux discussions, c'est le seul moyen d’avoir une désescalade et de chercher une solution », a-t-il expliqué.
Le Haut Représentant a aussi estimé qu’une nouvelle attaque russe en Ukraine n’était pas imminente. « Nous pensons que, pour l’instant, le déploiement militaire n'est pas encore terminé, nous ne pensons pas qu'il va y avoir une attaque massive contre l'Ukraine à ce stade, mais il y a d’autres manières d’attaquer, comme les cyberattaques », a-t-il expliqué. Si l’UE a offert son soutien à Kiev pour faire face à la cyberattaque de la semaine dernière, « le gouvernement n’a pas demandé une assistance directe, mais nous sommes disponibles pour la fournir, si on nous le demande », a précisé M. Borrell (EUROPE 12869/2).
Le chef de la diplomatie européenne s’est dit aussi « de plus en plus préoccupé » par la situation dans les zones non contrôlées par le gouvernement ukrainien, « qui s’éloignent de plus en plus de l’Ukraine et se rapprochent du Kremlin ». Selon lui, il s’agit d’une intégration de fait à la Russie et la concentration de troupes est certainement liée à cette intégration.
Rappelant que l’acte final d’Helsinki datait de 1975 et que, depuis, le monde avait changé, M. Borrell a également jugé que cela pouvait être une bonne idée de revoir l’architecture sécuritaire européenne. « Cela n’est pas une tragédie, cela pourrait être profitable pour tous », a-t-il expliqué, ajoutant que, s'il s'agissait de l’objectif de la Russie, alors celle-ci devait changer d'agenda et augmenter le nombre d'acteurs participant au processus revoyant le système de sécurité. (Camille-Cerise Gessant)