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Bulletin Quotidien Europe N° 12869
ACTION EXTÉRIEURE / Ukraine

Les ministres européens des Affaires étrangères s’accordent sur 10 principes concernant la sécurité européenne

Les ministres européens des Affaires étrangères se sont mis d’accord, vendredi 14 janvier, lors de leur réunion informelle (Gymnich) à Brest (France), sur 10 principes directeurs et « fondements d’une position européenne unie et forte » sur la situation sécuritaire européenne.

Devant les médias, à l’issue de la discussion de trois heures sur la situation dans le voisinage oriental de l’UE, le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a présenté ces principes, qu'il a surnommés « le décalogue de Brest »

M. Borrell a tout d’abord rappelé que les Européens allaient respecter les principaux principes qui sous-tendent la sécurité européenne : l’acte final d’Helsinki et la charte de Paris.

Les Vingt-sept réaffirment aussi leur solidarité avec l’Ukraine et les pays partenaires orientaux, apportant leur soutien à des mécanismes pour des résolutions pacifiques de conflit.

De même, les ministres ont lancé un appel « fort et déterminé » en direction de la Russie pour l’apaisement, tout en réaffirmant leur engagement à répondre à toute attaque supplémentaire russe, qui aurait des « conséquences massives et un coût sévère, y compris des mesures restrictives » adoptées en coordination avec les partenaires de l'Union. Les Européens s’engagent aussi à continuer la préparation de sanctions supplémentaires en coopération étroite avec des partenaires partageant les mêmes opinions.

De même, les ministres européens ont décidé de poursuivre leur coopération avec les États-Unis et l’OTAN avant et après chaque réunion que ces derniers auront avec Moscou. M. Borrell a même annoncé un renforcement de la coordination avec les États-Unis, l’OTAN et l’OSCE.

Les ministres ont également souligné leur volonté à s’engager dans un mécanisme de renforcement de la transparence et la prévisibilité des activités militaires et dans des mesures de renforcement de la confiance.

Enfin, le Haut Représentant a précisé que les États membres soutenaient la reprise du travail sur le désarmement et le contrôle des armes, tout en ajoutant que, dans ces domaines, l’UE n’avait pas de compétences.

M. Borrell a aussi rappelé que l’UE était en général en faveur du dialogue avec la Russie, mais « jamais au détriment de notre liberté, notre souveraineté et notre indépendance, et du respect des valeurs fondamentales ». Selon le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, les Vingt-sept sont d’accord pour « poursuivre un dialogue exigent avec la Russie, sous réserve que les paramètres de discussions soient partagés et pas sous la forme d’un ultimatum ».

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, se rendra d'ailleurs à Kiev lundi, puis à Moscou mardi, et elle devrait effectuer une visite conjointe avec M. Le Drian en Ukraine, peut-être début février, selon une source française. L’Allemagne et la France tentent de relancer les discussions en format Normandie.

L’UE propose son aide à l’Ukraine après une cyberattaque

Les Européens ont également apporté leur soutien à l’Ukraine après une cyberattaque à l’encontre de plusieurs sites internet gouvernementaux ukrainiens, vendredi 14 janvier.

« De telles actions ont pour objectif de déstabiliser les Ukrainiens et contribuent à une nouvelle escalade dans une situation déjà tendue », a dénoncé M. Borrell. Il a promis que l’UE allait mobiliser toutes ses ressources pour aider Kiev, si celle-ci demandait un tel soutien.

Une réunion d’urgence des ambassadeurs des États membres de l’UE réunis au sein du Comité politique et militaire a en outre été convoquée pour discuter de la manière dont l’UE pouvait réagir et fournir une assistance technique à l’Ukraine.

L’UE entend aider Kiev à augmenter ses capacités de résistance face à ce genre d’attaques. La veille, avant l’attaque, le Haut Représentant avait rappelé que l’UE avait une mission consultative dans le pays, qui contribue à renforcer la résilience face aux attaques hybrides et que l’Union se préparait à envoyer une mission pour aider les Ukrainiens à faire face aux cyberattaques, « l'un des risques auxquels ils seront confrontés ».

Devant les médias, M. Borrell a expliqué que les États membres participant au projet de coopération structurée permanente (CSP ou PESCO en anglais) sur l’unité de réponse rapide cybernétique, même si l’Ukraine n’est pas membre de l’UE ni de la CSP, étaient prêts à déployer des moyens, si besoin.

Selon une source diplomatique, l’UE va envoyer une personne en Ukraine pour aider le pays dans son enquête pour trouver les responsables de l’attaque. Si l'attaque n'a pas été revendiquée, les Européens soupçonnent la Russie. M. Borrell n’a pas voulu nommer de coupable. Il n’y a « pas de preuve », mais « on peut imaginer » de qui il s’agit, a-t-il souligné. Quant au ministre danois des Affaires étrangères, Jeppe Kofod, il a expliqué qu’il ne serait « pas surpris » si l’attaque venait de Moscou. (Camille-Cerise Gessant)

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