Les ministres européens des Affaires étrangères ont fait preuve, vendredi 14 janvier à Brest, d'unité et de la même fermeté à l'égard du Mali que leurs collègues à la Défense, selon le Haut représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, et le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.
« Nous faisons tous le même constat : la situation ne va pas dans la bonne direction et la junte ne donne aucun signal positif, au contraire, mais nous resterons engagés au Sahel, mais pas à n'importe quel prix », a déclaré M. Borrell.
Il a confirmé que l'UE préparait des sanctions conformément à ce qu'avait décidé le Conseil européen en mai, et en plein soutien aux sanctions adoptées dimanche par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) qui isolent le Mali et le frappent économiquement.
M. Borrell a dit avoir convoqué une réunion ministérielle avec le G5 Sahel, qui sera suivie, dans les jours prochains, d'une réunion de la Coalition pour le Sahel qu'organisera Jean-Yves Le Drian.
« Nous avons apprécié la posture courageuse de la CEDEAO, prise à l'unanimité, avec la volonté de préserver la démocratie au Mali, avec aussi la condamnation de la présence de la société de mercenaires Wagner », a déclaré le ministre français .
Et d'ajouter : « Nous sommes et voulons rester au Mali, et nous y resterons, mais pas à n'importe quel prix ». La seule raison de cette présence, selon lui, est « la lutte contre le terrorisme ».
Alors que les Maliens manifestaient vendredi à Bamako contre les sanctions infligées à leur pays par la CEDEAO, M. Le Drian a rappelé que le pouvoir militaire malien avait invoqué des raisons de sécurité pour repousser jusqu’à 5 ans le délai pour la tenue des élections pour la transition civile. « Je pense que si on est en sécurité pour manifester, on doit sûrement être en sécurité pour voter », a -t-il ironisé.
Sommet UE/UA. Les préparatifs du sommet UE/UA des 17 et 18 février (Bruxelles) ont occupé le déjeuner des ministres, avec le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki, et la ministre sénégalaise des Affaires étrangères, Aïssata Tall Sall, dont le pays assurera la présidence de l'UA à compter du 5 février.
À propos de ce sommet, Josep Borrell a parlé d'une « rencontre fondamentale, bien préparée, dans un dialogue franc », avec en filigrane l'interdépendance des deux continents appelés à relever efficacement des défis communs. « Les problèmes de l'Afrique, ce sont les problèmes de l'Europe. Nous partageons les mêmes problèmes, que ce soit la sécurité et le terrorisme, le changement climatique ou la migration », a-t-il estimé.
M. Le Drian a l'espoir que ce « sommet stratégique » débouche sur « une nouvelle donne entre l'UE et l'UA », pour la prospérité, la sécurité et la mobilité. Il a aussi évoqué « les enjeux de santé » qui seront débattus, et ceux d'une « architecture euro-africaine de sécurité qui soit plus performante ». (Aminata Niang)