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Bulletin Quotidien Europe N° 12871
ÉDUCATION / Éducation

La Commission européenne propose une stratégie pour renforcer sensiblement l'espace européen de l'enseignement supérieur

La Commission européenne a publié, mardi 18 janvier, une vaste stratégie, structurée autour de quatre axes, dont le but est de soutenir et de renforcer la coopération entre les établissements européens de l'enseignement supérieur afin d'asseoir aussi le rayonnement de l'UE, tant par son excellence que par ses valeurs, sur la scène internationale.

Ainsi, quelque 80 milliards d'euros seront consacrés à l'enseignement universitaire pour les sept prochaines années, y compris en cette année 2022, Année européenne de la Jeunesse, a déclaré à cette occasion le vice-président de la Commission européenne, Margarítis Schinás.

La stratégie s’inscrit en effet dans l’agenda de la Commission annoncé dans la Communication sur l’achèvement de l’Espace européen de l'Éducation pour 2025 et fait suite à une consultation des parties intéressées en automne 2021. Elle vise à soutenir les établissements d’enseignement supérieur en Europe, à leur permettre de s’adapter aux nouveaux défis, de se développer, et enfin de contribuer à la relance européenne. Elle vise également à répondre à des faiblesses repérées, comme le financement insuffisant des établissements d'enseignement supérieur et leur besoin de rester compétitifs et attractifs.

Une approche innovante en quatre points

La nouveauté de la stratégie est qu’elle appréhende l’université au carrefour de l’éducation, de la recherche et des écosystèmes d’innovation. « C’est la première fois que cela figure dans un document stratégique pour les universités », a souligné la commissaire à l'Éducation, Mariya Gabriel. L’accent est également mis sur la pluridisciplinarité.

Au travers de diverses actions proposées, en coopération avec les parties prenantes et les États membres, la stratégie entend soutenir quatre objectifs.

Tout d'abord, la Commission souhaite renforcer la dimension européenne dans le secteur de l’éducation et de la recherche. Cela passera par l’introduction de l’initiative Erasmus+ intitulée « Universités européennes » pour soutenir des alliances transfrontières dans l’enseignement supérieur. La Commission souhaite introduire un statut juridique pour les alliances d’institutions de l'enseignement supérieur et souhaite qu’un diplôme européen commun voie le jour pour favoriser la mobilité des étudiants. Enfin, la Commission entend généraliser la Carte d’étudiant européenne (voir autre nouvelle).

La stratégie cherche aussi à soutenir les établissements supérieurs en tant que « phares du mode de vie européen ». Ces établissements sont, pour la Commission, porteurs des valeurs telles que l’excellence, l’inclusion, la diversité, la qualité et la pertinence des connaissances, les valeurs académiques. Ce soutien se ferait au travers de nombreuses initiatives, parmi lesquelles l’introduction d’un cadre européen pour la diversité et l’inclusion, le développement des stages Erasmus+ ou encore un support européen pour Innovators at School

De plus, la stratégie a pour objectif de faire des universités des acteurs de la transition numérique et de la transition verte. La Commission identifie les universités comme des acteurs clés de la transition verte et souhaite donc favoriser la transmission des connaissances qui permettront de mettre en œuvre cette transition et d’en proposer de nouveaux modèles. De nombreuses actions sont proposées : - un soutien aux 'villages verts' ; - la mise en œuvre des plans d’action sur la recherche stratégique et l’innovation ; - le soutien aux formations courtes sur les aptitudes nécessaires à la transition verte menant à des microentreprises. Sur le volet de la transition numérique et afin de promouvoir l’apprentissage des compétences numériques, la Commission proposera notamment un soutien à la coopération transnationale afin de développer ces compétences auprès des étudiants, du personnel et des chercheurs, mais également pour des programmes d’éducation spécialisés ou portant sur les technologies de pointe. 

Enfin, la Commission compte renforcer sur la scène internationale les universités en tant que moteur du rôle de l’UE au niveau mondial, notamment en renforçant la coopération avec les partenaires internationaux et en soutenant l'enseignement dans les pays tiers.

Les États membres sont invités à engager des efforts pour soutenir les quatre objectifs proposés, l’Union européenne n'ayant que des compétences d’appui en matière d’éducation. 

Un cadre de gouvernance et de suivi de la mise en œuvre de la stratégie est également proposé. La Commission devrait publier des rapports des progrès. Un Observatoire de l’enseignement supérieur sera mis en place. Il devrait produire, entre autres, un tableau de bord de l'espace de l’enseignement supérieur.

Des universités satisfaites

Contactée, Anna-Lena Claeys-Kulik, coordinatrice politique de l’Association des universités européennes (EUA), estime, après une première lecture, que la stratégie est positive. « Cela donne une nouvelle énergie à la coopération surtout transnationale pour les universités », a-t-elle expliqué. L’EUA salue le fait que les universités soient reconnues comme ayant un rôle à jouer pour l’avenir de l’UE, un rôle international, mais aussi démocratique. 

Beaucoup d’éléments sont déjà connus pour l’EUA, qui salue les instruments proposés, comme le diplôme européen. L'association a cependant encore beaucoup de questions en ce qui concerne leur mise en œuvre et la perspective des États membres. Elle appelle aussi à la mise en œuvre des réformes préalablement annoncées. 

Pour consulter la stratégie : https://bit.ly/3Kqvmvk (Émilie Vanderhulst)

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