Après la démission du Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok, l’UE et la troïka (la Norvège, le Royaume-Uni et les États-Unis) ont exhorté, mardi 4 janvier, toutes les parties prenantes soudanaises à un dialogue inclusif pour un retour immédiat à la transition démocratique, prévenant d’ores et déjà qu’elles « ne soutiendront pas un Premier ministre ou un gouvernement nommé sans la participation d'un large éventail de parties prenantes civiles ».
Dans une déclaration conjointe publiée mardi soir par le Service européen pour l’action extérieure, l’UE et la troïka expriment leur « soutien continu aux aspirations démocratiques du peuple soudanais » et rendent hommage à Abdallah Hamdok, qui « a joué un rôle majeur dans la conduite des réformes démocratiques et économiques du Soudan ».
Celui-ci avait annoncé dimanche qu’il jetait l’éponge après une nouvelle journée de manifestation, émaillée de deux morts, contre le régime militaire dirigé par le général Burhane depuis le coup d’État du 25 octobre dernier (EUROPE 12836/14).
Pour l'UE et la troïka, la démission du Premier ministre civil, « deux mois après la prise de pouvoir inconstitutionnelle de l'armée, renforce l'urgence pour tous les dirigeants soudanais de s'engager à nouveau dans la transition démocratique du pays et de répondre aux demandes de liberté, de paix et de justice du peuple soudanais ».
L'UE et la troïka disent attendre des parties prenantes soudanaises qu'elles travaillent sur la base de la déclaration constitutionnelle de 2019 sur la façon de surmonter la crise politique actuelle de la nation, de sélectionner de nouveaux dirigeants civils et d'identifier des calendriers et des processus clairs pour les tâches de transition restantes, y compris l'établissement des branches législatives et judiciaires du gouvernement, la création de mécanismes de responsabilité et la préparation des élections.
« Une action unilatérale pour nommer un nouveau Premier ministre et un nouveau cabinet minerait la crédibilité de ces institutions et risquerait de plonger la nation dans un conflit. Pour éviter cela, nous demandons instamment aux parties prenantes de s'engager dans un dialogue immédiat, mené par le Soudan et facilité par la communauté internationale, afin de traiter ces questions et d'autres questions de transition », précise la déclaration.
Ce dialogue « devrait être pleinement inclusif et représentatif des groupes historiquement marginalisés, inclure les jeunes et les femmes, et contribuerait à remettre le pays sur la voie de la démocratie ».
L'UE et la troïka se disent « impatients de travailler avec un gouvernement et un parlement de transition jouissant d'une certaine crédibilité auprès du peuple soudanais et pouvant conduire le pays vers des élections libres et équitables en priorité ».
Cela « faciliterait l'octroi de l'aide économique » de l'UE et la troïka au Soudan. L'absence de progrès, en revanche, conduirait à « accélérer les efforts visant à demander des comptes aux acteurs qui entravent le processus démocratique ».
L'UE et la troïka précisent qu'elles « continuent à tenir les autorités militaires pour responsables des violations des droits de l'homme ». (Aminata Niang)