L'Union européenne a condamné dans les termes les plus fermes, jeudi 18 novembre, les violences meurtrières commises la veille par le pouvoir militaire au Soudan, avec un lourd bilan : 17 manifestants pacifiques tués et des centaines de blessés, à l'abri du regard de la communauté internationale.
« Ces tueries insensées sont inacceptables. Les informations selon lesquelles les forces de sécurité se rendent dans les hôpitaux pour arrêter les manifestants et empêcher les blessés d'être soignés sont très inquiétantes. Les médecins disent avoir été intimidés et menacés et ont annoncé qu'ils se mettraient en grève », a souligné le Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, dans une nouvelle déclaration publiée au nom des Vingt-sept (EUROPE 12832/4).
Et de rappeler que les auteurs de ces violations des droits humains fondamentaux devront rendre des comptes.
« Si l'ordre constitutionnel n'est pas immédiatement rétabli, cela aura de graves conséquences, y compris financières, pour notre soutien », a prévenu M. Borrell au nom de l'UE.
Le black-out total de l'information en cette journée sanglante « n'empêchera pas le monde d'être informé de ces violations des droits de l'homme. Elle n'empêchera pas non plus la communauté internationale d'entendre l'appel clair du peuple soudanais. Tous les services de communication doivent être immédiatement et entièrement rétablis », soulignait la déclaration. Vendredi, les connexions internet étaient rétablies dans le pays. (Aminata Niang)