Les décideurs politiques et le grand public ne sont toujours pas sensibilisés à la problématique de la résistance aux antimicrobiens, ont regretté, jeudi 18 novembre, des représentants de la Commission européenne, du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), de l’Agence européenne des médicaments et de l'OMS, réunis à l’occasion de la Conférence scientifique européenne sur l'épidémiologie appliquée des maladies infectieuses (ESCAIDE).
La résistance aux antimicrobiens (RAM) – résistance des bactéries et virus aux effets des médicaments – est considérée par l’OMS comme l'une des dix plus grandes menaces actuelles pour la santé publique. Déjà en 2019, l'OMS estimait à au moins 700 000 le nombre de décès annuels liés aux maladies pharmacorésistantes.
Jeudi, la directrice générale à la santé et à la sécurité alimentaire de la Commission, Sandra Gallina, a qualifié le phénomène de « tsunami silencieux ».
L'ensemble des intervenants ont également alerté sur les conséquences désastreuses que pourrait entraîner une absence de réponse immédiate.
« Il est de notre responsabilité de veiller à ce que les antibiotiques soient encore efficaces pour les générations futures », a insisté la directrice de l’ECDC, Andrea Ammon, prônant l’utilisation prudente des antibiotiques, l’application de mesures de prévention et de contrôle strictes dans les hopitaux ainsi que le développement de nouveaux antibiotiques.
Du côté de la Commission, des projets dédiés se mettent actuellement en place via l'HERA (EUROPE 12798/5). (Agathe Cherki)