L’ambassadeur de l’UE auprès de l’ANASE, Igor Driesmans, et celui de Singapour auprès de l’UE, Lim Hong Huai, ont estimé, vendredi 19 novembre, qu’il était possible de renforcer encore les relations entre l’UE et les pays de l’ANASE, notamment concernant la région indo-pacifique.
« Il y a des chevauchements significatifs qui permettent de travailler sur un certain nombre de questions », a expliqué Lim Hong Huai, lors d’un débat organisé par le CEPS, ajoutant que les stratégies sur l’indo-pacifique des deux organisations étaient « très ouvertes et inclusives ». « Dans nos stratégies, on peut identifier de nombreuses approches communes, regarder les initiatives à prendre pour collaborer étroitement », a-t-il ajouté.
Pour les deux ambassadeurs, l’UE et l’ANASE devraient renforcer leurs liens économiques (EUROPE 12790/22), en particulier avec un accord de libre-échange entre les deux blocs. « Il y a encore de grands écarts d’ambition sur ce que l’on veut », a reconnu l’ambassadeur de l’UE, dont l’avis a été partagé par son homologue singapourien. « Il est opportun pour l’UE et l’ANASE de travailler ensemble sur un accord d’économie numérique ('digital economy agreement') pour établir des normes communes », a ajouté Lim Hong Huai.
M. Driesmans a expliqué que l’UE souhaitait renforcer son soutien aux infrastructures durables dans la région. Par ailleurs, un accord complet sur le transport aérien devrait être signé en début d’année prochaine (EUROPE 12734/13).
L'ambassadeur de l'UE auprès de l'ANASE a également mis en avant le domaine de la sécurité. « Il y a un fort intérêt dans la région, avec des tensions croissantes », a-t-il expliqué, rappelant que la stabilité de la mer de Chine méridionale était importante pour l’UE, car c’est une route commerciale importante. Il a rappelé que l’UE et l’ANASE discutaient déjà des aspects de sécurité et défense, de contre-terrorisme, de cybersécurité, mais aussi de sécurité maritime, espérant un nouveau dialogue sur ce sujet en début d’année prochaine.
Enfin, l’ambassadeur de l’UE a souhaité une plus grande coopération sur une transition verte et durable. « Nous voulons travailler bien plus avec l’ANASE dans ce domaine. Il y a un large nombre d’activités en cours (technologies vertes, économie circulaire, énergie propre), mais nous voulons amener (cette coopération) à un niveau plus politique », a-t-il expliqué. Il a souhaité la tenue, en 2022, de la première réunion ministérielle UE/ANASE sur l’environnement et le changement climatique (EUROPE 12835/25).
Pour l’ambassadeur singapourien, l’UE et l’ANASE pourraient également coopérer sur des sujets de préoccupation émergents tels que les chaînes d’approvisionnement ou la lutte contre la pandémie.
En 2022, les deux régions vont fêter les 45 ans de partenariat de dialogue (dialogue partnership). Un anniversaire que M. Driesmans espère pouvoir fêter avec un sommet des chefs d’état ou de gouvernement, à Bruxelles, qui sera l’occasion de réfléchir sur l’avenir de la relation. (Camille-Cerise Gessant)