Les dirigeants des Vingt-sept, réunis en Conseil européen, débattront de nouveau de la Covid-19, jeudi 16 décembre à Bruxelles, en abordant les aspects internes et externes de la question, à la lumière, cette fois, du variant Omicron.
« La Covid restera largement au centre de notre attention », a signalé le président du Conseil européen, Charles Michel, dans sa lettre d’invitation aux Vingt-sept.
Situation épidémiologique et vaccination dans l'UE. En interne, les chefs d’État ou de gouvernement feront le point sur la posture à adopter face à ce variant du SARS-CoV-2. La propagation de ce variant Omicron pourrait « très probablement » provoquer « des hospitalisations et des décès supplémentaires, en plus de ceux déjà indiqués par les prévisions précédentes ne tenant compte que du variant Delta », a mis en garde la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Andrea Ammon, mercredi 15 décembre.
En guise de réponse, les dirigeants devraient mettre l’accent sur la nécessité de faire encore progresser les campagnes vaccinales, ont confirmé plusieurs sources diplomatiques en amont de la réunion.
Une version provisoire des conclusions soutient que l’apparition du variant « réaffirme l'importance vitale de la vaccination dans la lutte contre la pandémie ». Le document soutient également que « la généralisation de la vaccination et le déploiement des doses de rappel sont cruciaux » et qu’il « reste essentiel » de « vaincre l'hésitation à se faire vacciner, notamment en luttant contre la désinformation ».
Il n'est pas exclu que certains États membres abordent la question de la vaccination obligatoire, a estimé un fonctionnaire de l'UE. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a indiqué qu'elle jugeait cette discussion opportune.
Mercredi matin, la majorité des eurodéputés ont appelé les Vingt-sept à prendre des mesures supplémentaires pour obtenir une meilleure couverture vaccinale (voir autre nouvelle).
Les dirigeants se limiteront toutefois jeudi à une discussion. « Aucune nouvelle décision collective n’est attendue », a confirmé une source européenne.
Coordination/libre circulation. Les dirigeants européens devraient rappeler l’importance de coordonner leurs mesures nationales contre la Covid-19 afin, notamment, de ne pas « porter atteinte au fonctionnement du marché unique » ou à la libre circulation et de prendre leurs décisions sur la base de critères objectifs. Si les États membres ne devraient pas condamner les exigences posées par certains pays qui demandent un test PCR négatif en plus du certificat Covid numérique de l’UE pour pouvoir rentrer sur leur territoire (comme le font l’Italie, le Portugal et l’Irlande), le Conseil européen devrait appeler à prendre des mesures qui « ne sont pas disproportionnées ».
Il pourrait aussi appeler à l'adoption rapide de la recommandation révisée du Conseil relative à la libre circulation et de la recommandation révisée du Conseil sur les voyages non essentiels vers l'UE, même si plusieurs pays ont récemment exprimé leur souhait de prendre leur temps pour mieux évaluer le variant Omicron (EUROPE 12851/16).
À ce stade, la Présidence slovène du Conseil de l’UE n’a pas avancé de nouvelle date pour que la question soit examinée par les ambassadeurs des États membres auprès de l’UE. Le sujet inquiète en tout cas certains pays comme le Luxembourg, qui estime que le fait d’ajouter des tests PCR dévalue les certificats. La Commission, de son côté, a rappelé mercredi que « si de nouvelles restrictions pour les détenteurs d’un certificat sont possibles, si cela est nécessaire et proportionné et si c’est pour répondre à un impératif sanitaire », « la proportionnalité est cruciale ».
Coopération internationale. Les dirigeants européens devraient rappeler la détermination de l'UE à jouer son rôle pour « atteindre la vaccination mondiale » et leur volonté d'intensifier leur « soutien aux pays qui en ont le plus besoin » par le partage de doses, notamment via Covax, et leur livraison effective (EUROPE 12850/22).
« La distribution de vaccins aux pays tiers, notamment par le biais de Covax, est une préoccupation très importante », soulignait une source européenne mercredi.
Le dernier projet de conclusions vu par EUROPE, daté du 13 décembre, est enrichi d'un paragraphe pour adoucir par les mots la stigmatisation des pays d'Afrique australe, auxquels des restrictions de voyage ont été imposées, au grand dam des pays concernés, de la CEDEAO et de l'Union africaine. Les chefs d'État et de gouvernement devraient « féliciter le Botswana et l'Afrique du Sud pour leur transparence, la détection, le séquençage et le reporting si rapides » du variant. Ils devraient aussi souligner l'importance d'une montée en puissance des capacités de séquençage génomique au niveau mondial.
Voir le projet de conclusions : https://bit.ly/3pYPkUg (Agathe Cherki, Aminata Niang et Solenn Paulic avec la rédaction)