Les eurodéputés S&D ont exprimé, mardi 14 décembre au soir, leurs « sérieuses inquiétudes » quant aux règles révisées sur l'espace Schengen proposées par la Commission (EUROPE 12853/1).
« L'espace Schengen, qui représente la libre circulation et la fin des frontières intérieures dans l'UE, a beaucoup souffert des réactions nationales irréfléchies face à l'immigration clandestine, à la menace terroriste perçue et, plus récemment, à la pandémie. Si les propositions de la Commission visant à faire face aux futures pandémies sont les bienvenues, les membres S&D craignent que la révision des règles de Schengen, actuellement sur la table, ne politise davantage les contrôles aux frontières intérieures en tant qu'outil de migration », indique un communiqué.
« Au lieu de chercher à rétablir pleinement la libre circulation, la Commission semble donner aux gouvernements nationaux une plus grande marge de manœuvre pour introduire des contrôles aux frontières au sein de l'UE », a commenté Birgit Sippel (allemande).
En ce qui concerne « le mouvement secondaire des demandeurs d'asile, les propositions de la Commission sur les procédures d'entrée et de retour entre les États membres ne feront qu'alimenter des conflits internes inutiles à un moment où nous devons construire la solidarité, ce qui est mieux réalisé dans la législation actuellement traitée par les colégislateurs dans le Pacte sur les migrations », ajoute la députée.
La députée française Fabienne Keller (Renew Europe), pour sa part, a accueilli « favorablement » la réforme. « Face aux défis nouveaux - crise sanitaire, menace terroriste et sécuritaire, instrumentalisation de migrants aux frontières extérieures -, il est temps de doter Schengen d’une gouvernance renforcée. Je soutiens donc pleinement la mise en place d’un pilotage politique de la zone Schengen autour des ministres de l’Intérieur nationaux », indique-t-elle, la réforme reprenant toutefois seulement le concept des Forums Schengen lancés en 2020 et réunissant États membres et PE sur ce sujet et pas uniquement les ministres de l’Intérieur.
Le PPE a également bien accueilli les différents éléments de la réforme, notamment le mécanisme de décision collective quand une menace affecte plusieurs États membres. (Solenn Paulic)