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Bulletin Quotidien Europe N° 12854
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / SantÉ

Les eurodéputés partagés entre levée des brevets sur les vaccins anti-Covid-19 et lutte contre la désinformation

Le Parlement européen s’est prononcé, mercredi 15 décembre, généralement en faveur de la vaccination massive contre la Covid-19, mais s’est montré divisé notamment sur la levée des brevets sur les vaccins tandis que des voix ont demandé d’accélérer la lutte contre la désinformation autour de la pandémie.

Dans le cadre du débat sur la préparation du Conseil européen de jeudi 16 décembre, les eurodéputés ont beaucoup débattu des mesures à prendre pour mieux lutter contre le coronavirus.

Pour la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, l'urgence est de « continuer d'accroître aussi rapidement que possible les taux de vaccination, et ceci dans toutes les tranches d'âge, y compris chez les enfants ». Elle a évoqué des campagnes ciblées lancées par la Commission, pour améliorer les informations disponibles dans les États membres sur l'efficacité des vaccins. « Nous allons tout faire pour contribuer à vaincre le scepticisme entourant la vaccination », a dit la présidente.

Manfred Weber (PPE, allemand) a insisté notamment sur le besoin de lutter contre la désinformation autour de la Covid-19. « Nous devons intensifier notre travail pour demander à tous les fournisseurs de médias sociaux de respecter les principes fondamentaux et de lutter contre la désinformation. Si les fournisseurs de médias sociaux ne le font pas volontairement, nous devrons le faire par le biais de la législation », a-t-il défendu.

Iratxe García (S&D, espagnole) a estimé que la vaccination « est la meilleure arme dont nous disposons pour lutter contre le virus ». Dans son pays, le taux de vaccination atteint 96% de la population cible alors que dans d'autres pays, il est inférieur à 40%. « Le débat sur la vaccination obligatoire est nécessaire, mais il n'existe pas de solution unique », a indiqué la présidente du groupe S&D.

Elle a une nouvelle fois demandé l'exception des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) pour les brevets sur les vaccins. « Si nous nous limitons au système Covax, nous ne serons pas en mesure de surmonter les limites de production imposées aux produits pharmaceutiques », a-t-elle défendu. Le programme Covax n'a distribué que 550 millions de doses sur les 2 milliards de doses qui auraient dû être livrées à la fin de cette année. « Ce n'est pas suffisant », selon elle. « La réalité est un échec. Les pays du G20 représentent 80% des vaccins actuellement produits. Alors que l'Europe compte 70% de sa population vaccinée, l'Afrique n'en compte que 7% », a poursuivi Iratxe García.

Jordi Solé i Ferrando (Verts/ALE, espagnol) a dénoncé lui aussi l’échec de Covax et a demandé une levée des droits de propriété intellectuelle.

« En refusant la levée des brevets, Madame von der Leyen, voilà ce que vous avez voulu protéger à tout prix : le fric des 'Big Pharma' plutôt que nos vies », a critiqué Manon Aubry (La Gauche, française). Elle a reproché à la Commission de « protéger le monopole de production d’une poignée de multinationales, plutôt que de réquisitionner leurs usines et leurs compétences et de partager ces dernières avec le monde entier ».

Stéphane Séjourné (Renew Europe, français) a regretté que cette assemblée « ne soit pas en mesure de proposer une résolution avec des propositions sur la Covid-19 ». « À l’exception des socialistes, les autres groupes n’ont pas soutenu notre proposition de fournir une liste de solutions dans une résolution », a-t-il expliqué. À ses yeux, « nous vivons une épidémie des non-vaccinés, rongés notamment par les éléments de désinformation que nous pouvons trouver un peu partout en Europe ».

Pour Marco Zanni (ID, italien), la seule solution serait de trouver une façon de « cohabiter » avec le virus et la campagne de vaccination n’est pas suffisante (traitements, cibler les nouveaux variants…)

Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge), quant à lui, a défendu la taxonomie verte. « Avec son règlement sur la taxonomie, l’Union européenne se veut pionnière d’une finance plus durable. Mais tout le monde sait que les lobbies de tout bord et certains États membres, la France en tête, exercent d’intenses pressions pour que les investissements dans le gaz et le nucléaire soient reconnus comme verts. On croirait rêver, on nage en plein délire », a-t-il lancé. Il a prôné la fin des investissements dans les énergies fossiles et stigmatisé les problèmes découlant du nucléaire (déchets radioactifs, coûts astronomiques du parc nucléaire). (Lionel Changeur)

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