La Commission a proposé, mercredi 15 décembre, une série d’actions à court et à moyen terme pour soutenir le stockage du carbone dans les sols agricoles et mieux récompenser les gestionnaires de terres qui séquestrent du carbone.
D'ici à 2030, les initiatives de stockage du carbone dans les sols agricoles devraient contribuer à stocker 42 Mt de CO2 dans les puits de carbone naturels européens, a expliqué la Commission. Et d'ici à 2050, « chaque tonne équivalent CO2 émise dans l'atmosphère devra être neutralisée par une tonne de CO2 extraite de l'atmosphère ».
À l’heure actuelle, cependant, la quantité annuelle de carbone retirée de l'atmosphère par les écosystèmes en Europe est en baisse et les solutions industrielles d'élimination du carbone sont pratiquement inexistantes.
La Commission avance donc plusieurs pistes, non contraignantes et législatives, pour améliorer les choses : elle veut d’abord s’appuyer sur un financement des agriculteurs qui œuvrent dans ce domaine du stockage via la Politique agricole commune. Il s’agira aussi de favoriser l'accès aux services de conseil.
La Commission compte aussi financer la recherche et l'innovation dans le stockage de carbone dans le cadre du programme Horizon Europe (1 milliard d’euros pourrait soutenir ce type d’actions).
Elle propose aussi qu’un groupe d’experts se mette en place pour échanger les meilleures pratiques.
Pour le captage et le stockage industriel du CO2, elle propose que d'ici 2028, toute tonne de CO2 captée, transportée, utilisée et stockée par les industries, soit déclarée et comptabilisée selon son origine fossile, biogénique ou atmosphérique. Au moins 20% du carbone utilisé dans les produits chimiques et plastiques devraient provenir de sources non fossiles durables d'ici à 2030 et 5 millions de tonnes de CO2 devraient être retirées chaque année de l'atmosphère et stockées de façon permanente d'ici à 2030.
La Commission propose aussi un cadre de certification avec une standardisation des méthodes de suivi, de déclaration et de vérification pour réduire « au minimum le risque de fraude et d'erreurs ».
Chaque gestionnaire de terres devra avoir accès à des données vérifiées sur les émissions et les absorptions d'ici à 2028.
De nouvelles règles européennes en matière de comptabilisation et de certification des absorptions de carbone arriveront fin 2022.
Ce cadre de certification permettra par ailleurs de soutenir le développement des marchés volontaires du carbone, alors que les acteurs privés appliquent actuellement des benchmarks très hétérogènes, dit la Commission. Ce système, qui permet de mettre en relation les entreprises souhaitant réduire leurs émissions et des porteurs de projets allant dans ce sens, est actuellement perçu par certains, comme Greenpeace, comme une fausse bonne idée, car ne permettant pas de réduire les émissions à la source.
La communication vise également à mettre au point des initiatives dans le domaine du carbone bleu, avec des projets au titre du projet "Restore our Ocean and Waters".
Lien vers la communication : https://bit.ly/3oWxIci
Lien vers ‘Restore our Ocean and Waters’ : https://bit.ly/3oYbx5H (Solenn Paulic)