La fille de l’opposant russe Alexeï Navalny, Daria Navalnaya, a dénoncé, mercredi 15 décembre, en recevant le Prix Sakharov 2021 au nom de son père emprisonné, le pragmatisme dont font preuve les dirigeants européens.
« Composer avec des tyrans et des dictateurs, cela ne fonctionne pas », a-t-elle souligné devant les députés européens à Strasbourg, citant par la suite le président russe, Vladimir Poutine, et le dirigeant biélorusse, Alexandre Loukachenko. « Le souhait de flatter le dictateur, de ne pas le fâcher, de pouvoir discuter avec lui le plus longtemps possible, ce n’est pas du pragmatisme, mais du cynisme, de l’hypocrisie et de la corruption », a-t-elle estimé, dénonçant les demi-mesures européennes.
Selon la jeune femme, « aucun échange commercial pragmatique ne compensera les pertes du déclenchement d’une nouvelle guerre » entre la Russie et l’Ukraine. Elle a rappelé que le Kremlin « abat dans le dos ceux qui défendent les droits de l’homme », y compris sur le territoire de l’UE.
Mme Navalnaya a expliqué que son père lui avait demandé de dire aux eurodéputés qu’il ne fallait pas assimiler la Russie au régime de Poutine. « Elle fait partie de l’Europe, et nous nous efforçons d'en faire partie. Mais nous voulons aussi que l'Europe lutte pour ce qu’elle est et pour les superbes idées qui sont en son cœur. Nous luttons pour une Europe des idées, pour la célébration des droits humains, de la démocratie et de l'intégrité », a souligné la jeune femme. « L’UE saura construire un avenir auquel appartiendra un jour mon pays », a-t-elle ajouté.
Pour Mme Navalnaya, au-delà de reconnaitre les mérites du travail accompli par son père, ce Prix Sakharov 2021 est un message aux « dizaines de millions » de citoyens russes qui continuent de se battre pour un avenir meilleur pour leur pays. (Camille-Cerise Gessant)