Soixante députés européens des groupes Verts/ALE, S&D, PPE, Renew Europe, La Gauche et des non-inscrits ont écrit, lundi 6 décembre, à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour demander que la Commission tienne la promesse qu’elle avait faite il y a plus d’un an d’interdire l’exportation vers des pays tiers des pesticides interdits dans l’UE.
La lettre ouverte, rédigée à l'initiative des eurodéputés Michèle Rivasi (Verts/ALE, française) et Éric Andrieu (S&D, français) demande une interdiction rapide.
« Nous, députés du Parlement européen, sommes préoccupés par la lenteur de la Commission à agir sur la pratique honteuse des doubles standards en matière de pesticides dangereux », écrivent les eurodéputés.
Ils ont appris la semaine dernière que l'UE continuait de produire et d'exporter massivement trois insecticides néonicotinoïdes tueurs d'abeilles, interdits depuis 2018.
Le courrier rappelle que, selon une enquête des ONG Public Eye et Unearthed, les autorités européennes ont donné le feu vert aux demandes d’exportation de près de 3 900 tonnes de néonicotinoïdes, principalement vers des pays riches en biodiversité, entre le 1er septembre et le 31 décembre 2020.
La Commission envisage d'interdire ces exportations en 2023 en révisant le règlement PIC sur le consentement préalable informé (EUROPE 12818/20, 12810/13).
« 2023 est bien trop tard. Cette pratique est un crime », affirment les députés, appelant la Commission à traduire en actes les engagements pris dans la stratégie 'de la ferme à la table'. (Aminata Niang)