Créé en novembre 2020 sous l’impulsion de la Présidence française du Comité des ministres du Conseil de l’Europe, l’Observatoire de l’enseignement de l’histoire en Europe a organisé sa première Conférence annuelle les 2 et 3 décembre 2021 à Strasbourg. Le thème en était : « Comment l’enseignement de l’histoire peut-il nous aider à protéger la démocratie ? »
« L’objectif à long terme est de faire le point sur ce qu’il en est de l’enseignement de l’histoire en Europe » », expliquait Alain Lamassoure à la veille de la Conférence.
« Une idée modeste », commente l’ancien député européen, aujourd’hui président exécutif de l’Observatoire, mais essentielle lorsque l’on constate que « dans beaucoup de pays, on en est revenu à une histoire nationaliste » alors que dans d’autres, « on a préféré supprimer l’enseignement de l’histoire », comme ce fut le cas aux Pays-Bas dans les années 1990. Les assassinats de Théo Van Gogh et de Pim Fortuyn au début des années 2000 ont été « un choc » qui a mis en lumière l’importance de cet enseignement. Il a alors été réenvisagé, « mais par la diffusion de brochures, d’émissions de télé et de cours pour enfants immigrés, pas par l’école ».
« Le but de l’Observatoire n’est pas d’émettre le moindre jugement ou de pointer du doigt un pays précis », précise Bridget Martin, enseignante à l’École internationale de Paris associée à l’Observatoire, mais, comme le précise la page d’accueil du site, de « partager les bonnes pratiques et les expériences entre les États membres du Conseil de l’Europe et de renforcer la coopération au niveau européen ».
Les pratiques de cet enseignement seront interrogées par différentes questions : qui établit les programmes ? Quels en sont les contenus ? Comment recrute-t-on et forme-t-on les enseignants ? Quel est le statut des manuels ? Sont-ils labellisés ? Censurés ? Quelle place a le cours d’histoire dans la validation de l’enseignement secondaire ?
Dix-sept États membres sont aujourd’hui parties prenantes de l’Observatoire (dont la France, la Turquie, la Serbie, la Géorgie ou la Fédération de Russie), mais Alain Lamassoure estime que d’autres vont suivre après avoir été freinés par la pandémie, l’Allemagne et l’Italie notamment.
Le but est de rendre force aux « recommandations remarquables du Conseil de l’Europe », qui préconisent une histoire basée sur des faits prouvés, qui ne se contente pas de son récit national et écoute ce que racontent les pays voisins. Et ce, « afin de conforter la réconciliation que nous avons pu créer en Europe », conclut Alain Lamassoure.
Lien vers l'observatoire : https://bit.ly/3xZlQJE (Véronique Leblanc)