Le président de la Cour des comptes de l’UE, Klaus-Heiner Lehne, a estimé, mardi 30 novembre, devant les eurodéputés, que la plupart des allégations de l’article de la presse sur des allégations d'abus et de mauvaise gestion au sein de l’institution « sont fausses ».
Plusieurs membres de la commission du contrôle budgétaire du PE, dont Isabel García Muñoz (S&D, espagnole) et Olivier Chastel (Renew Europe, belge), ont demandé de faire toute la lumière sur les problèmes identifiés dans l’article de Libération. Michèle Rivasi (Verts/ALE, française) a demandé une enquête indépendante de l'OLAF ou du Parquet européen sur les révélations.
M. Lehne a soutenu que le quotidien français « affirme des choses qui n’ont pas grand chose à voir avec la réalité » et « interprète de manière erronée le droit et les règles en vigueur ».
Rôle au sein de la CDU. M. Lehne a affirmé qu’il n’était pas actif au sein du parti politique de la CDU à Düsseldorf. « En janvier 2014, j’ai mis un terme à toutes mes fonctions en tant que président de la CDU à Düsseldorf ; j’ai juste reçu un titre de président honorifique », a dit le président de la Cour. « Je ne suis pas actif dans la vie politique nationale », a-t-il encore dit. Il a maintenu des liens avec ses ex-collègues de la CDU, ce qui n’est pas interdit par le code d’éthique de la Cour.
Lieu de résidence. Le président de la Cour a insisté aussi sur le fait que « nous avons tous notre résidence à Luxembourg. Le bail est présenté et envoyé au secrétariat général et les autorités luxembourgeoises donnent une carte bleue qui l’atteste ».
En ce qui concerne la résidence principale, « ma famille ne m’a pas accompagné à Luxembourg. Je me rends chez moi en fin de semaine et le reste de la semaine je suis à Luxembourg. C’est légal », a aussi dit M. Lehne. Il a indiqué avoir accepté des colocataires dans le logement à Luxembourg. Un contrat de sous-location a été conclu.
Présence à la Cour et indépendance. La présence des membres est de 96% lorsque des décisions sont prises et lors des discussions dans les chambres, a indiqué M. Lehne.
Le système de contrôle de l’indépendance des membres « fonctionne bien », selon lui, à l’aide notamment d’un comité d’éthique en cas de litiges ou de conflits.
Sur les frais de représentation, deux propositions vont être examinées la semaine prochaine pour modifier le système.
Pour les véhicules de service, les règles ne sont pas optimales, a concédé M. Lehne. Sur le contrat de leasing, le système va être modifié, a-t-il aussi souligné.
Il n’y a pas d’indemnités de loyers, a aussi affirmé M. Lehne ; ce qui existe, c’est une indemnité de séjour équivalente à 15% du salaire brut. Il a justifié, enfin, les règles sur les frais de bouche à rembourser (frais de représentation). (Lionel Changeur)