Les eurodéputés réunis en séance plénière à Strasbourg ont débattu, mercredi 24 novembre, de la dernière version du rapport de l’État de l’union de l’énergie.
Présenté aux eurodéputés par la commissaire chargée de l’Énergie, Kadri Simson, le rapport pointe, dans la lignée du paquet ‘Fit for 55’ présenté par la Commission européenne le 14 juillet dernier (EUROPE 12762/1), les progrès réalisés en matière d’objectifs énergétiques.
« Il s’agit d’un rapport publié dans un contexte de crise énergétique (EUROPE 12816/1) et de flambée des prix, du gaz notamment », a souligné Mme Simson, concédant dans le même temps que si des avancées majeures ont été réalisées, « beaucoup de travail reste à abattre ».
Le rapport souligne ainsi que le marché des énergies renouvelables a « montré sa résilience » au cours de l’année 2020 et que la production de ces dernières a dépassé celle des énergies fossiles.
En outre, le rapport indique également une réduction des subventions pour les énergies fossiles.
« Les États membres ont respecté le calendrier grâce notamment aux prix plus accessibles pour les technologies solaires et éoliennes », a estimé Mme Simson. « Mais ce n’est pas suffisant, on doit continuer d’accélérer », a-t-elle ajouté.
Ce dernier message semble avoir été relativement bien intégré par les eurodéputés qui ont, tour à tour dans l’hémicycle, repris à leur compte les avertissements de la commissaire estonienne.
Du côté du PPE, si on salue les ambitions, on regrette aussi le manque d’investissement. « Je suis très inquiet pour les investissements, le monde a changé, c’est une course. La décarbonation est essentielle pour l’industrie », a insisté Christian Elher (PPE, allemand).
« Sans investissement, nous perdrons cette course », a complété Cristian Bușoi (PPE, roumain).
Pour le S&D, l’accent doit être mis sur la précarité énergétique. « Il faut assurer l’indépendance énergétique. La pauvreté énergétique touche 31 millions de citoyens européens et la crise sanitaire va aggraver cette situation », a martelé Mohammed Chahim (S&D, néerlandais). Et d’ajouter : « Il faut que nous revoyions la question des achats groupés pour l’énergie ».
Pour d’autres, à l’image de l’élu de La Gauche, Marc Botenga (belge), la solution pour sortir de cette crise réside, en partie, sur le fait de « reprendre le contrôle des entreprises », afin que le marché soit en capacité de « veiller à la concurrence et aux prix ».
Revenue à plusieurs reprises au cours du débat, la question de l’indépendance énergétique semble pour sa part être une inquiétude commune à une large majorité de groupes politiques du PE.
« Nos émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas assez vite et nous sommes loin des objectifs climatiques fixés. Plus de 60% de l’énergie consommée est importée depuis des pays tiers », a résumé Christophe Grudler (Renew Europe, français).
Sur ce même sujet, plusieurs eurodéputés du groupe CRE ont par ailleurs appelé à « changer d’attitude » et à « renforcer la pression sur le fournisseur Gazprom ». (Thomas Mangin)