Le Parlement européen exprime ses vives préoccupations à l'égard des violations des droits de l'homme au Cameroun, dans une résolution d'urgence adoptée jeudi 25 novembre par 614 voix contre 32 et 40 abstentions.
Le texte souligne que le pays est confronté simultanément aux menaces du groupe terroriste Boko Haram dans sa région de l'extrême Nord et à un conflit entre l'État et une rébellion séparatiste armée qui, en près de cinq ans, a fait des milliers de victimes, donné lieu à des abus odieux et conduit à une véritable crise humanitaire dans les régions anglophones du Cameroun.
Le Parlement condamne les violations des droits de l’homme, du droit international et du droit international humanitaire perpétrées par les parties au conflit armé et souligne l’importance de la lutte contre l’impunité.
Le Parlement invite instamment le gouvernement camerounais et les dirigeants politiques et militaires des groupes séparatistes à convenir d'un cessez-le-feu humanitaire et encourage les parties au conflit à convenir de mesures de confiance, telles que la libération des prisonniers politiques non violents et la levée du boycott des écoles.
Il invite le gouvernement du Président Paul Biya et les séparatistes anglophones à reprendre immédiatement les pourparlers de paix et demande que la communauté internationale, en particulier l'Union africaine, les États d'Afrique centrale et l'UE, proposent d'assumer un rôle de médiation pour faciliter le dialogue.
Le Parlement demande aussi aux autorités camerounaises de cesser de traduire des personnes devant des tribunaux militaires - en particulier des civils - et de ne pas imposer la peine de mort. Les députés rappellent au Cameroun qu'il doit faire respecter le droit de tous les citoyens à un procès équitable devant des tribunaux indépendants et que les tribunaux militaires ne devraient pas avoir compétence sur la population civile.
Les eurodéputés invitent le gouvernement camerounais à ratifier le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. (Aminata Niang)