Le commissaire à l’Élargissement, Olivér Várhelyi, a plaidé pour le dialogue et la relance de l’agenda européen, mercredi 24 novembre, lors de son arrivée en Bosnie-Herzégovine pour une visite de deux jours.
Alors que 2021 – année sans échéance électorale – aurait dû être celle des progrès vers l’UE, elle est marquée par des rhétoriques séparatistes.
Soulignant qu’il existait une « perspective européenne très claire et crédible » pour la Bosnie-Herzégovine, le commissaire a rappelé que, pour devenir officiellement candidat à l’adhésion, le pays devait réaliser une masse critique de réformes, portant notamment sur l'État de droit et le système judiciaire, la constitution et les élections, et assurer le bon fonctionnement des institutions de l’État.
M. Várhelyi a donc appelé les dirigeants politiques du pays à « poursuivre le dialogue politique et relancer l'agenda européen ». « Nous avons besoin d'un dialogue constructif et de la volonté politique de toutes les parties pour avancer sur la voie de l'UE. Le boycott ou le blocage sont inacceptables et ne servent pas l'intérêt des citoyens de ce pays », a-t-il insisté.
Si la Bosnie-Herzégovine fait des progrès, elle pourra bénéficier pleinement des programmes et des fonds de l'UE, a rappelé le commissaire, ajoutant que le plan d’investissement de l’UE pourrait être l’occasion pour le pays de changer son modèle économique et d'avancer sur la voie de la transformation verte et numérique.
Toutefois, pour pouvoir bénéficier de ces aides européennes, les institutions publiques doivent fonctionner parfaitement, a mis en garde M. Várhelyi. Il a prévenu que, sans les décisions politiques nécessaires, le pays pourrait perdre des investissements majeurs, citant la perte d’investissements dans les infrastructures jusqu'à 1,5 milliard d'euros, près de 90 millions d'euros au titre des projets IPA2020 et un risque d’exclusion des Bosniens des programmes Europe Créative et Horizon 2020 en 2022.
De plus, « la rhétorique et les actions qui divisent de plus en plus n'aident pas », a dénoncé le commissaire. Pour lui, le retrait de l'entité Republika Srpska et le démantèlement des institutions d'État éloigneraient encore davantage la Bosnie-Herzégovine de l'alignement sur l'acquis communautaire et mettraient en veilleuse le parcours européen.
M. Várhelyi a donc appelé « tous les dirigeants politiques à prendre des mesures pour désamorcer la situation, reprendre le dialogue », aider l’UE à trouver des solutions et « aborder le fond des questions qui alimentent les tensions ». Il a par ailleurs indiqué que l’UE était prête à faciliter le dialogue au sein des institutions. (Camille-Cerise Gessant)