Plus de la moitié des décès prématurés dus à la pollution atmosphérique dans l'UE auraient pu être évités, si les lignes directrices de l'OMS pour la qualité de l'air avaient été suivies, souligne un document de briefing publié par l'Agence européenne de l'environnement lundi 15 novembre.
Ce document présente des estimations actualisées sur la manière dont trois polluants clés - particules fines, dioxyde d'azote, ozone troposphérique - ont affecté la santé des Européens en 2019.
Il montre que la qualité de l'air s'est améliorée en 2019 par rapport à l'année précédente, mais que sur les 307 000 décès prématurés dus à l'exposition aux particules fines, au moins 178 000 (58%) auraient pu être évités si tous les États membres de l'UE avaient atteint le nouveau niveau de référence de l'OMS en matière de qualité de l'air, à savoir 5 µg/m3.
L'analyse de l'AEE est publiée en amont du Forum européen des 18 et 19 novembre consacré à la révision en cours de la législation européenne qui vise à aligner davantage les règles de qualité de l'air de l'UE sur les lignes directrices plus strictes de l’OMS, dans le cadre du 'Pacte vert européen' (EUROPE 12797/9).
Le plan d'action de l'UE 'Zéro pollution' ambitionne de réduire de plus de 55% le nombre de décès prématurés dus à l'exposition aux particules fines d'ici à 2030 par rapport à 2005. L'AEE considère que l'UE est en bonne voie, puisque le nombre de ces décès a diminué d'environ un tiers entre 2005 et 2019. Elle plaide toutefois pour davantage de progrès.
« Les plus grands experts mondiaux ont clairement indiqué qu'il n'existe aucun niveau de pollution atmosphérique que l'on puisse respirer sans danger. C'est pourquoi l'UE doit faire tout son possible pour maintenir notre exposition au niveau le plus bas possible », a commenté l'ONG ClientEarth, qui milite pour l'alignement total des règles de l'UE sur les nouvelles normes de l'OMS. (Aminata Niang)