login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12799
POLITIQUES SECTORIELLES / Transports

'Fit for 55', les eurodéputés s'inquiètent pour la compétitivité européenne

Les eurodéputés membres de la commission ‘Transports’ ont débattu, lundi 27 septembre, de l’impact du paquet ‘Fit for 55’ présenté par la Commission européenne le 14 juillet dernier. Cet ensemble de propositions doit mener à une réduction de 55% des émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2030 au sein de l'Union européenne (EUROPE 12762/1).

Si une large majorité des formations politiques ont reconnu l’urgence climatique et les défis futurs, des eurodéputés ont également fait part de leurs inquiétudes concernant plusieurs sujets. À commencer par la question des bornes de recharge pour les véhicules électriques.

Sur ce point, la Commission entend déployer un réseau à travers l’UE au sein duquel les stations de recharge ne pourraient pas être espacées de plus de 60 kilomètres.

« La situation est différente dans chacun des États membres, en raison de la densité de population ou des contraintes géographiques. Comment cela pourrait-il être pris en compte ? », s’est interrogé Johan Danielsson (S&D, suédois).

La commissaire européenne chargée des Transports, Adina Vălean, qui répondait aux eurodéputés, est restée discrète sur le sujet. Cette question avait également été soulevée par les États membres, le 23 septembre, lors d’une réunion informelle des ministres des Transports à Brdo pri Kranju (EUROPE 12797/3).

« Chaque proposition est une question de flexibilité. Ce que nous proposons est un minimum pour que les gens n’aient pas à s’inquiéter de trouver des infrastructures quand ils roulent à travers l’UE », avait-elle alors déclaré en Slovénie.

Par ailleurs, l’hydrogène faisant partie intégrante du plan de la Commission européenne pour atteindre les objectifs fixés, certains eurodéputés ont également rappelé leur attachement aux principes de neutralité technologique et de souveraineté.

« L'Europe est en passe de remplacer sa dépendance vis-à-vis des pays exportateurs de pétrole par une dépendance vis-à-vis de pays qui contrôlent l'extraction et le raffinage des matières premières. L'Europe est plus forte lorsque l'innovation n'est pas limitée par la réglementation. Nous devons garder cela à l’esprit », a commenté Barbara Thaler (PPE, autrichienne).

Craintes pour la compétitivité des compagnies aériennes

Outre la question du transport routier, l’attention des parlementaires s’est également largement focalisée sur le secteur aérien. Certains eurodéputés craignent notamment que les limitations en matière d’échanges de quotas d'émission de CO2 nuisent aux compagnies aériennes européennes (EUROPE 12764/10).

« Cela va représenter des coûts plus importants pour les compagnies, toucher leur compétitivité et potentiellement affecter la mobilité de nos concitoyens », a jugé José Ramón Bauzá Díaz (Renew Europe, espagnol).

« J’insiste sur la compétitivité. Nous devons pouvoir circuler librement, à condition d’en avoir les moyens », a abondé Benoit Lutgen (PPE, belge).

D’autres eurodéputés ont estimé que la Commission manquait d’ambition concernant l’objectif de 5% de carburants alternatifs utilisés par les compagnies aériennes d’ici 2030. Pour le moment, la part de ces carburants est de 0,05%.

« Avoir des objectifs, c’est une bonne chose. Mais selon votre propre évaluation, une part de 8% pourrait être obtenue à l’horizon 2030. Pourquoi se contenter de 5% ? », a questionné Johan Danielsson.

« Si nous optons pour des objectifs trop ambitieux, cela risque d’avoir un impact négatif sur la compétitivité des compagnies. Si certains aéroports ou compagnies veulent aller au-delà des objectifs fixés, c’est possible », a rétorqué Mme Vălean. « Malgré les coûts, le prix des billets ne devrait pas augmenter de plus de 0,8% », a-t-elle estimé.

Le secteur maritime a également fait l’objet de plusieurs remarques. La commissaire européenne a notamment réitéré son appel aux armateurs à diminuer l’intensité carbone des navires et à baser le travail d’électrification des ports sur les infrastructures déjà existantes.

Enfin, Mme. Vălean a également insisté sur l’importance des investissements pour atteindre les objectifs. « Nous avons estimé que nous aurions besoin, pour l’énergie et le transport, de plus de 100 milliards d’euros par an entre 2021 et 2030, en plus de ce dont on a besoin pour mettre en œuvre les programmes préconisés aux niveaux nationaux », a-t-elle détaillé. (Thomas Mangin)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
SOCIAL
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES