Le Haut Représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a évoqué, lundi 21 juin, la nécessité pour l'UE de faire plus pour aider l'Amérique latine à affronter la pandémie de Covid-19.
En Europe et en Asie du Sud-est, la pandémie reflue, alors qu'en Amérique latine, où habitent 8% de la population mondiale, « 22% des contaminations » se produisent et, chaque jour, « 4 400 personnes meurent de la Covid-19, dont la moitié au Brésil », s'est alarmé M. Borrell, à l'issue du Conseil 'Affaires étrangères'. Selon lui, l'implication insuffisante de l'UE vis-à-vis du continent latino-américain, notamment en matière de dons de vaccins, laisse le champ trop libre aux concurrents, comme la Chine.
L'Espagne a annoncé sa volonté de fournir plus de doses de vaccins aux pays latino-américains.
Sur le plan commercial, M. Borrell a souhaité des progrès avec les pays ou régions pour lesquels les négociations sur des accords de libre-échange sont les plus avancées, dans l'ordre suivant : Mexique, Chili, Mercosur.
Venezuela. Le Haut Représentant a également annoncé l'envoi d'une mission technique visant à explorer si les conditions de sécurité et politiques sont réunies pour l'envoi d'une mission d'observation électorale de l'UE lors du scrutin régional de novembre.
« Il est bon d'avoir la possibilité de déployer 'ses propres yeux' sur le terrain » pour observer, a estimé M. Borrell, regrettant l'échec précédent dans la tentative d'observer les élections législatives de décembre 2020 au cours desquelles le régime Maduro avait pris le contrôle de l'Assemblée nationale. L'envoi, en novembre prochain, d'une mission électorale de l'UE ne sera possible que si la mission technique exploratoire estime que le système politique vénézuélien garantira « un degré minimum d'équité et de liberté » dans la tenue des élections. Il prendra sa décision sur la base du rapport de la mission exploratoire. (Mathieu Bion)