Le Conseil européen des relations internationales (ECFR) a publié, lundi 21 juin, une étude sur l’intelligence artificielle (IA). Commandée par la commission spéciale sur l'intelligence artificielle à l'ère numérique (AIDA) du Parlement européen, le document s’attarde sur les implications géopolitiques que pourrait avoir cette technologie.
Ainsi, l’étude confirme notamment l’importance d’une approche basée sur le risque - comme le défend la Commission européenne (EUROPE 12703/3). « L'IA digne de confiance ou éthique est une priorité pour l’UE », souligne le document.
Par ailleurs, outre les recours à l’IA dans un but de contrôle autoritaire faisant peser des risques sur les démocraties, le texte met également en garde contre un nouveau type de nationalisme dont le développement de l’IA pourrait être à l’origine.
« La concurrence entre les grands pays pour être à la pointe de l'IA s'intensifie et les États du monde entier - y compris l'Europe - tentent de soutenir leur écosystème d'IA. Cependant, étant donné les gains ou pertes potentiels, les États pourraient être incités à aller plus loin. Cela pourrait jeter les bases d'un nouveau type de nationalisme », avertit le document.
L’étude, qui présente cette technologie comme « hautement géopolitique », ne se cantonne pas au fait de dresser un tableau des risques et menaces, mais présente également certaines recommandations.
Le texte appelle ainsi à la création d’une commission européenne de sécurité sur l’IA, dont les membres seraient issus de différents États membres de l’UE, du secteur privé et de la société civile, et à la création d’un centre de recherche chargé de se concentrer sur les questions liées à l’IA présentant un intérêt immédiat pour l’UE.
L’idée d’une étroite collaboration avec Washington, à l'heure où l’attention des États-Unis et de la Chine se focalise déjà sur l’IA, est également défendue.
Voir l'étude : https://bit.ly/3gXXNCy (Thomas Mangin)