Les députés de la commission de l’environnement du Parlement européen (ENVI) ont de nouveau débattu, lundi 21 juin, de la protection des abeilles et se sont réjouis à l’idée que la Commission européenne appuie désormais la demande du Parlement européen que la question soit portée au niveau politique, au Conseil 'Agriculture/Pêche' de l'UE (28- 29 juin).
« Il y aura une discussion la semaine prochaine. Pour la première fois, le dossier sera porté au niveau ministériel. Nous sommes ouverts au dialogue avec le Conseil pour éviter le ping-pong entre le Conseil et le Parlement, pour éviter que la Commission européenne soit bloquée entre les deux et que rien ne se fasse pour les abeilles », a déclaré le président de la commission parlementaire, Pascal Canfin (Renew Europe, français).
La révision du document d’orientation de 2013 de l’EFSA sur l’évaluation des risques des pesticides pour les abeilles, dont les États membres ont refusé l’application intégrale, a conduit la Commission et les États membres à privilégier une option – le modèle Beehave pour définir le niveau acceptable d'augmentation de la mortalité des abeilles due aux pesticides – un modèle dont les députés ne peuvent se satisfaire (EUROPE 12691/12).
Au cours du débat, l’EFSA a présenté aux eurodéputés son avis scientifique sur une approche intégrée holistique pour l'évaluation des risques environnementaux des facteurs de stress multiples pour les abeilles mellifères, qui a été finalisé en mai après une consultation publique.
La commission de l'environnement du Parlement avait demandé que les effets cumulés d’autres facteurs (pratiques agricoles, facteurs génétiques, agents pathogènes) soient pris en compte et que l’EFSA travaille avec d’autres acteurs, notamment dans le cadre du partenariat de l’UE pour les abeilles (EUROPE 12630/13).
« L’EFSA a créé un groupe scientifique indépendant », a indiqué son représentant, qualifiant le dernier avis scientifique de « document de réflexion pour les développements à venir qui s’aligne sur le Pacte vert européen et dont certains détails nécessiteront des approfondissements ».
Alors que le document d’orientation de l’EFSA met l’accent sur la prévention, avec un cadre législatif en cours, l’avis scientifique met l’accent sur les développements futurs dans le cadre de l’évaluation des risques environnementaux, au-delà d’une évaluation ‘une culture, un pesticide’.
« Nous proposons une approche intégrée basée sur les systèmes pour évaluer les risques, en intégrant les nouvelles avancées en termes de technologies, de données et de connaissances », a fait valoir l'EFSA.
L' approche repose sur : - la modélisation par un modèle informatique qui permettra de simuler et d’évaluer l’exposition d’une colonie d’abeilles à un produit chimique, à plusieurs produits chimiques et l’impact sur la santé des abeilles, en tenant compte des facteurs de stress et des effets sublétaux à long terme ; - la surveillance par un réseau de ruches sentinelles, placées dans différents paysages et zones climatiques de l'UE et qui seront équipées de capteurs numériques permettant un flux de données vers une plateforme pour être analysées et stockées. (Aminata Niang)