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Bulletin Quotidien Europe N° 12720
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ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT / Éducation

Alliances d'universités européennes, le Conseil de l’UE salue un projet pilote prometteur

Réunis lundi 17 mai à Bruxelles pour évoquer l’évolution de l’enseignement supérieur dans l’UE, les ministres chargés de l’Éducation se sont principalement concentrés sur le déploiement de la phase test du projet d’'université européenne' (EUROPE 12283/19).

Cette initiative pilote, lancée à l’été 2019, puis élargie à l’été 2020, implique désormais 41 alliances d’universités – soit environ 280 établissements – vouées à devenir des 'campus interuniversitaires'. Et ce, dans l'optique de favoriser notamment la mobilité des étudiants et du corps enseignant.

Les États ont confirmé leur soutien à cette initiative, dont la mise en œuvre effective interviendra au cours de la période de financement 2021-2027.

Une large majorité d’entre eux a également reconnu que cette initiative constituerait un « banc d’essai » pour une meilleure interopérabilité et une meilleure coopération entre États en matière de recherche et d’enseignement.

Critères européens

Quelques ministres ont évoqué plus en détail la mise en œuvre du projet. « L’accréditation des programmes des universités qui participent est essentielle », a ainsi souligné le ministre espagnol des Universités, Manuel Castells Oliván, prenant soin de rappeler son attachement au projet. « Nous sommes l’un des leaders de ce programme avec la France. Nous avons 22 universités publiques et 8 universités privées qui y participent », a-t-il détaillé.

La France, quant à elle, a demandé qu’une évaluation soit menée d’ici 2021 pour « parvenir à qualifier les universités européennes grâce à des critères fixés par les États membres et la Commission ». La délégation a également plaidé pour la création d’une plateforme de coopération qui réunirait les États membres, la Commission et les alliances afin de résoudre les potentielles difficultés que pourraient rencontrer les universités.

L’Autriche, qui avait déjà exprimé quelques réticences sur le sujet (EUROPE 12430/7), a estimé pour sa part que « la direction à prendre » demeurait confuse. Le ministre autrichien, Heinz Fassman, a souligné qu’il avait en effet été question jusqu’ici de deux approches : l’une consistant à développer un réseau d’alliances aussi vaste que possible, pouvant s’étendre à des États tiers, l’autre visant à mettre en œuvre un réseau limité, composé des fleurons des universités européennes. « Je pense que nous devrions y réfléchir à nouveau », a-t-il insisté.

Quelques États, enfin, ont demandé que l'initiative ne se limite pas aux seules universités. Pour le ministre luxembourgeois, Claude Meisch, « si les réseaux des universités européennes doivent agir comme moteurs et précurseurs pour proposer de nouvelles approches innovantes », il sera « essentiel que ces approches soient transposables à d’autres institutions d’enseignement supérieur ».

La Belgique a également appelé à recueillir les bonnes pratiques de cette phase pilote afin qu’elles puissent être transférées à l’ensemble de la communauté de l’enseignement supérieur.

Espace européen de l'éducation

Deux projets de conclusions ont été adoptés à l’occasion de cette réunion. L’un sur l’éducation inclusive, détaillé précédemment dans nos colonnes (EUROPE 12719/25).

L’autre, consacré à ce projet d’alliances d’universités longuement évoqué lors du débat, appelle les États et la Commission à s’assurer que l’initiative demeurera un élément central dans le cadre de l’élaboration d’un Espace européen de l’éducation d’ici 2025.

D'autres outils devraient, à l'avenir, donner corps à cet Espace de l’éducation : un cadre commun en matière de diplômes et des standards européens pour les microcertificats, notamment.

Ces deux sujets ont également été abordés lors de la réunion, suscitant l'enthousiasme de l'essentiel des intervenants. Plusieurs ministres ont souligné que leur législation nationale était en cours d’adaptation, voire déjà propice à la mise en œuvre d’une approche européenne sur ces deux points.

Les principales interrogations ont de nouveau été soulevées par l’Autriche. Là aussi, des normes devraient être développées afin « que les États puissent avoir confiance dans les exigences en matière d’excellence des autres États », a estimé M. Fassman.

Un point de vue partagé par la France, qui a également jugé qu’il serait « utile de disposer d’un outil européen permettant la lisibilité de chacun des systèmes nationaux de diplomation ». (Agathe Cherki)

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