Les ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères de l'Union européenne ont convenu, lundi 15 mars lors d’une réunion conjointe en vidéoconférence, de proposer des partenariats plus complets, incluant le commerce ou le recours au programme 'Erasmus', aux pays tiers d’origine et de transit de migrants et ne reposant pas que sur la coopération sécuritaire et en matière de retour de migrants en situation irrégulière.
Ils ont aussi suggéré de se voir « au moins une fois par an » en formation Conseil ‘Jumbo’, a relaté le ministre de l’Intérieur Eduardo Cabrita, alors que les deux formations ne s’étaient pas réunies depuis six ans lors du pic de la crise migratoire.
Selon le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, il n’est pas possible de gérer la migration « sans partenariat fort » avec ces pays et il faut prendre en compte « la globalité » des relations. Il est aussi nécessaire, selon lui, de parler des opportunités de migration légale « qui doivent faire partie de l’équation » afin d’inciter à ne pas prendre de routes dangereuses vers l’UE.
La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, s'est aussi prononcée pour des « partenariats sur mesure » qui doivent être proposés aux pays tiers. Mais la politique du bâton fait aussi partie de la réponse, la commissaire ayant réitéré, comme elle l’avait dit le 12 mars, son intention d’utiliser le Code européen révisé des visas contre les pays tiers ne coopérant pas suffisamment avec l'UE sur les retours et réadmissions de migrants (EUROPE 12677/1).
En termes concrets, peu de choses ont toutefois émergé de cette réunion ministérielle conjointe. La migration légale, notamment à des fins économiques, fait actuellement figure de 'parent pauvre' du Pacte 'asile et migration'. Mais la Commission européenne a prévu de mettre sur pied en 2021 des ‘partenariats de talents’ en direction des jeunes des pays tiers.
Au niveau du Conseil de l’UE, les États membres sont prêts à avancer sur la proposition de directive 'carte bleue', mais celle-ci ne concerne que les migrants très qualifiés. Les outils restent rares pour les migrants faiblement ou peu qualifiés.
La Présidence portugaise du Conseil veut, elle, avancer pendant son semestre sur un dialogue renforcé avec cinq pays d’Afrique du Nord : l'Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Libye et l'Égypte.
L’accord UE/Turquie est bon
Interrogé sur l'accord migratoire entre l’UE et la Turquie scellé le 18 mars 2016, M. Borrell a jugé qu’il avait donné de « bons résultats » et qu'il était appelé à être renouvelé.
Cette déclaration UE/Turquie a permis de réduire les flux migratoires vers l’UE et d’« améliorer la situation des migrants et réfugiés en Turquie », a ajouté le Haut Représentant. Selon lui, les réfugiés - notamment syriens - installés en Turquie « ont toujours besoin de notre aide » et il faut continuer d’aider Ankara à gérer ce « fardeau ». « C’est dans notre intérêt commun », a-t-il estimé. (Solenn Paulic)