À l’occasion des dix ans du début des manifestations pacifiques en Syrie, le 15 mars 2011, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, au nom de l’UE, a rappelé, dimanche 14 mars, que le conflit en Syrie était « loin d’être terminé ».
« L'UE ne peut et ne veut pas détourner le regard alors que l'avenir de la Syrie et de son peuple est pris en otage par le conflit », prévient M. Borrell.
Selon lui, « l’Union reste résolue et continue d'exiger la fin de la répression, la libération des détenus et que le régime syrien et ses alliés s'engagent de manière significative dans la mise en œuvre intégrale de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies (UNSC) ». L'UE renouvellera ses sanctions ciblées, fin mai, en l'absence de progrès et tant que la répression se poursuivra, prévient le Haut Représentant.
L'UE est également prête à renforcer le dialogue entre tous les acteurs internationaux ayant une influence sur la crise syrienne. M. Borrell invite donc tous ces acteurs à « unir leurs forces » lors de la conférence sur la Syrie prévue fin mars à Bruxelles « afin de réaffirmer et de consolider leur soutien ferme à une solution politique » conforme à la résolution 2254 ainsi qu'aux efforts inlassables de l'envoyé spécial des Nations unies pour faire progresser tous les aspects de cette résolution dans le cadre d'une approche globale.
Et si l’Union est disposée à soutenir la tenue d'élections « libres et régulières » en Syrie, celles-ci devront être conformes à la résolution 2254 et sous la supervision de l’ONU, dans le respect des normes internationales les plus élevées en matière de transparence et de responsabilité, tous les Syriens, y compris les membres de la diaspora, pouvant y participer. L’élection présidentielle prévue cette année ne peut pas remplir ces critères et ne peut donc pas contribuer au règlement du conflit ni conduire à une quelconque mesure de normalisation internationale avec le régime syrien, prévient M. Borrell.
Il souligne aussi que l'obligation de rendre des comptes pour toutes les violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme est de la plus haute importance. Plus de 387 000 personnes seraient mortes pendant le conflit. Empêcher la résurgence de l'organisation État islamique reste une priorité, ajoute M. Borrell.
Le Haut Représentant promet également que le peuple syrien continuera de bénéficier « du plein soutien politique et humanitaire » de l’UE, espérant qu’un appel fort sera lancé en faveur du renouvellement de la résolution 2533 de l'UNSC permettant un accès humanitaire sûr, sans entrave et durable et l'acheminement transfrontalier de l'aide. Il rappelle aussi que les conditions ne sont pas réunies pour un retour sûr, volontaire, digne et durable des réfugiés, conformément au droit international. Le conflit a fait plus de 5,6 millions de réfugiés enregistrés et 6,2 millions de déplacés à l'intérieur du pays.
Voir la déclaration : http://bit.ly/2Nj1iZC (Camille-Cerise Gessant)