Les ministres des Finances de la zone euro sont d'avis que l'orientation budgétaire au sein de l'Eurozone doit demeurer expansionniste en 2021 et 2022, dans une déclaration qu'ils ont adoptée lundi 15 mars.
Nous sommes unis dans notre approche consistant à déployer « le niveau de soutien budgétaire nécessaire » tant que la crise sanitaire ne sera pas dépassée et la reprise économique « fermement » ancrée, souligne l'Eurogroupe. Et d'ajouter : « Un retrait prématuré de l'aide budgétaire devrait être évité. L'Eurogroupe s'engage à maintenir une orientation budgétaire expansionniste au sein de la zone euro en 2021 et 2022, en prenant aussi en compte le stimulus provenant de la Facilité pour la relance et la résilience », l'instrument budgétaire au cœur du Plan de relance européen Next Generation EU.
Les ministres soulignent néanmoins l'importance de faire progressivement évoluer les mesures d'urgence budgétaires vers des mesures plus « ciblées » de soutien à la reprise, notamment en évitant que des entreprises « viables » connaissent des problèmes de solvabilité. En outre, le Plan de relance européen devra servir à stimuler l'investissement productif ainsi que des « réformes ambitieuses » propices à doper la croissance à moyen terme. Et, uniquement lorsque la reprise sera fermement ancrée, les États membres devront mettre en place des stratégies à moyen terme permettant de faire face aux niveaux élevés d'endettement public.
À ce stade, l'Eurogroupe se contente de prendre note de la suggestion de la Commission européenne de proroger jusqu'à fin 2022 la clause dérogatoire générale du Pacte de stabilité et de croissance, dans la mesure où, selon les prévisions économiques actuelles, l'UE ne retrouvera pas son niveau d'avant-crise avant mi-2022 (EUROPE 12670/1).
Une décision à ce sujet sera prise en mai ou en juin sur la base de données actualisées début mai.
Voir la déclaration de l'Eurogroupe : http://bit.ly/3vraAE1
Le même jour, lors d'un sommet bilatéral, la France et l'Espagne sont allées plus loin en prônant d'ores et déjà le gel des règles budgétaires européennes jusqu'à fin 2022.
D'après les deux pays, la consolidation des finances publiques européennes ne devra pas commencer prématurément et éviter de brider la reprise comme cela avait été le cas après la grande crise financière. Une bonne coordination des politiques budgétaires nécessitera « une différenciation » entre pays tenant compte, d’une part, de leurs marges budgétaires et, d’autre part, de l’impact de la crise sur leur économie et de leur capacité de rebond, ajoutent-ils.
Voir la déclaration franco-espagnole : http://bit.ly/3bL7wLf (Mathieu Bion)