Les eurodéputés de la commission ‘Emploi et politiques sociales’ (EMPL), tout en saluant le plan d’action pour la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, ont affirmé vouloir aller plus loin que la Commission européenne sur de nombreux aspects, lors d’un débat avec le commissaire à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, jeudi 4 mars.
Après une présentation détaillée du plan d’action (EUROPE 12671/2) par le commissaire, la plupart des eurodéputés, que ce soit les coordinateurs ou les autres membres, ont, au mieux, avancé une série d’améliorations, au pire, fait part d’une profonde frustration. La question des plateformes numériques et des conditions de travail a été particulièrement récurrente.
Ainsi, du côté des coordinateurs de la commission, l’Allemand Dennis Radtke (PPE) a souhaité introduire des indicateurs mesurables pour le salaire minimum dans le cadre du plan d'action. La Néerlandaise Agnes Jongerius (S&D) a réclamé un renforcement du niveau d’ambition en matière de lutte contre la pauvreté. Sur le front de la sécurité et de la santé, la Néerlandaise a insisté sur la nécessité de viser zéro accident sur le lieu de travail d’ici 2030. « Il est temps de sortir le bazooka des droits sociaux », a-t-elle lancé.
Le Roumain Dragoș Pîslaru (Renew Europe) a suggéré plus d’actions législatives. Il a fait part de son désir d’engager le Parlement européen dans la 'Garantie pour la jeunesse' et de voir une proposition législative sur la question. Pour la numérisation, il veut aller au-delà également.
Sara Matthieu (Verts/ALE, belge), pour sa part, a regretté le manque d’ambition en matière de réduction de la pauvreté et d’égalité salariale, notamment entre les femmes et les hommes. En matière de protection des travailleurs, elle a insisté sur les substances médicales cancérigènes. Du côté de La Gauche, Ôzlem Demirel (allemande) a pointé du doigt l’absence d’objectif social dans le cadre de la Facilité pour la reprise et la résilience.
Sans surprise, la Polonaise Beata Szydło (CRE) et la Française France Jamet (ID) ont exprimé de fortes réticences, la première exigeant le respect du principe de subsidiarité et de proportionnalité, la deuxième appelant à protéger les nations de la Commission européenne et de son projet mondialiste.
Parmi les autres eurodéputés, certains ont demandé plus d’attention pour les personnes en situation de handicap, d’autres, à l’extrême droite, veulent lutter contre les primo-arrivants peu qualifiés qui tirent les conditions d’emploi vers le bas. L’eurodéputée Kim van Sparrentak (Verts/ALE, néerlandaise) souhaite, quant à elle, des objectifs en matière d'amélioration des conditions des sans-abris.
Margarita de la Pisa Carrión (CRE, espagnole) a déploré la lenteur pour acheminer les fonds jusqu’aux bénéficiaires, sans citer de fonds en particulier. Leïla Chaibi (La Gauche, française) a déploré, de son côté, que la Commission ne prévoie que des recommandations pour le revenu minimum, au lieu d’une directive. Elle a renouvelé son appel en direction du commissaire, mais aussi de ses collègues pour déclarer l’urgence sociale au même titre que l’urgence climatique.
Le commissaire Schmit a répété le contenu du plan d’action, mais a fait aussi quelques commentaires personnels, notamment sur la sécurité et la santé au travail. Il s’est dit d’accord avec la vision du 'zéro accident' de Mme Jongerius. Par ailleurs, il a fait part de son souhait d’aller plus vite sur les procédures de révision, qui, parfois, durent « des années », sans en dire plus. (Pascal Hansens)
*article modifié le 8.03.2021