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Bulletin Quotidien Europe N° 12661
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

La Présidence portugaise du Conseil sonde les États membres de l'UE sur la dimension énergétique des plans de relance nationaux

La Présidence portugaise du Conseil de l’Union européenne a adressé aux États membres, mercredi 17 février, une série de questions visant à exposer les réformes et les investissements énergétiques possibles dans les plans nationaux de relance et de résilience, en vue d’un débat prévu pour le 2 mars, lors d’une réunion du groupe de travail ‘Énergie’ du Conseil.

L’objectif de cette réunion sera de finaliser ces plans « en mettant l’accent sur les programmes phares liés à l’énergie et sur les exigences juridiques énoncées dans le règlement relatif à la facilité pour la reprise et la résilience », en particulier l’obligation de consacrer au moins 37% de l’allocation totale de chaque plan pour des investissements liés au climat, souligne ainsi le document portugais.

Afin de préparer cette discussion, la Présidence invite les États membres à préparer une déclaration présentant notamment les réformes concrètes liées à l’énergie qu’ils prévoient de mettre en œuvre pour accélérer la transition verte.

Lisbonne leur demande également de réfléchir à la manière dont les fonds pour la relance pourraient améliorer les projets transfrontaliers.

Enfin, la Présidence s’interroge sur les projets des États membres pour combiner les fonds de relance avec d’autres financements européens et nationaux en vue de développer les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les infrastructures.

Les ONG pointent des lacunes

Alors que presque tous les États membres ont désormais remis leur plan national de relance et de résilience à la Commission (EUROPE 12653/10), la plateforme Green Recovery Tracker, lancée par une coalition d’ONG, a d’ores et déjà pointé des lacunes en matière de politique pour le climat dans les plans français, allemand, espagnol et portugais.

Sur base d’une analyse de ces quatre plans, la plateforme souligne que les mesures « positives » en matière d'énergie, telles que des investissements dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le stockage ou encore « l’hydrogène vert », s’accompagnent de mesures « négatives » qui soutiennent, par exemple, les infrastructures pour le charbon ou le gaz fossile.

L’analyse montre notamment que les « dépenses vertes » prévues par la France ne représentent globalement que 23% du total des dépenses pour la relance française, un niveau bien inférieur au seuil de 37% fixé par l’UE. En outre, 55% de l’ensemble des dépenses envisagées a - ou « risque » d’avoir - un impact négatif sur la transition verte, estime Green Recovery Tracker.

Pour les autres pays examinés, ces parts sont de : 22 et 36% (Allemagne) ; 56 et 24% (Portugal), 53 et 5% (Espagne).

Il est à noter que Green Recovery Tracker obtient des résultats différents pour l’Allemagne et le Portugal quand son analyse ne porte que sur les mesures prévues dans les projets de plan de relance et non pas sur l’ensemble des mesures envisagées pour la relance de ces pays. Dans ce cas, la part des « dépenses vertes » passe de 22 à 34% pour l’Allemagne, mais baisse de 56 à 27% pour le Portugal.

Voir le document de la Présidence : http://bit.ly/2OKAUrT et le l’analyse de Green Recovery Tracker : http://bit.ly/3bkGsRt (Damien Genicot)

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