Les dirigeants des sept grandes puissances industrialisées (l'Allemagne, le Canada, la France, les États-Unis, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni) se retrouveront, vendredi 19 février à 15 heures, pour une visioconférence du G7 présidée par le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et placée sous le signe de la relance post-Covid-19.
La visioconférence sera centrée sur la réponse à la pandémie et la relance mondiale, un angle retenu par la présidence britannique du G7. Mais les dirigeants débattront aussi de questions structurelles, comme le changement climatique, l’économie, le commerce et le contexte géopolitique.
Cette réunion est la première depuis la visioconférence d’avril 2020 sous présidence américaine. Pour la première fois, le président américain, Joe Biden, y participera.
« Cela donnera un angle nouveau », a estimé un haut fonctionnaire de l’UE, jeudi 18 février, lors d'un briefing sur les attentes de l'UE. Ce sera aussi une première pour le nouveau Président du Conseil italien, Mario Draghi, et le premier ministre japonais, Yoshihide Suga.
Les présidents du Conseil européen, Charles Michel, et de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, représenteront l’UE. Une déclaration des dirigeants du G7 est attendue à l’issue du sommet.
Accès universel aux vaccins. Garantir l’accès universel aux vaccins à un prix abordable est une priorité pour l’UE.
« Nous considérons les vaccins comme un bien public mondial », a rappelé ce haut fonctionnaire.
Pour ce faire, l’UE juge qu’il faut renforcer l’initiative COVAX visant à garantir un accès juste et équitable pour 92 pays à faibles et moyens revenus, et l’initiative ACT-A (ACT-Accelerator).
Mercredi, Ursula von der Leyen avait souligné devant la presse que COVAX était prête à distribuer des doses, mais manquait de ressources, avec 2 milliards de dollars à ce jour. « Ils auraient besoin de 7 milliards. Il faut augmenter les capacités de financement dans les prochains jours », avait-elle dit.
Des problèmes réglementaires sont aussi à régler, s'agissant notamment du rôle de la banque mondiale. « Nous espérons des progrès pour savoir comment aider au mieux les pays tiers. L’UE a demandé un équilibre géographique. Le Royaume-Uni soutient cette idée », selon un haut fonctionnaire.
On peut s'attendre à ce que le G7 s'engage à travailler avec COVAX. Le G7 'Finances' est convenu, le 12 février, de soutenir les pays vulnérables dans leur relance post-Covid-19 et de prendre l’initiative de cette relance en 2021 (EUROPE 12658/16).
Préparation aux pandémies. Les dirigeants du G7 discuteront de la préparation mondiale aux pandémies dans la perspective du sommet sur la santé du G20, prévu en mai à Rome sous présidence italienne, et de l’initiative de M. Michel en faveur d’un Traité international sur les pandémies.
« L’objectif est de s’engager en faveur d’un nouveau traité qui puisse améliorer la transparence. Le principe est soutenu par l’OMS pour une efficacité accrue. Nous verrons s’il y a des développements positifs à cet égard », a déclaré ce haut fonctionnaire de l'UE.
Economie. L’idée est d’obtenir un engagement sur la réponse économique appropriée pour une relance la plus rapide possible. L’UE attache une grande importance à un système multialtéral fondé sur des règles et à la réforme de l’OMC (EUROPE 12660/6).
En outre, elle considère la transition numérique comme un élément clé pour la transition verte.
Contexte géopolitique. Les difficultés rencontrées par l'OMS dans sa mission en Chine pour identifier l’origine de la pandémie pourrait être abordée.
« Certains dirigeants ont demandé plus de transparence et de clarté. Il est important de s'engager avec la Chine pour avoir plus de transparence », a déclaré la même source.
La question du vaccin russe SputnikV et de son éventuelle autorisation dans l’UE n’est pas à l’ordre du jour, « mais les dirigeants sont libres de discuter de ce qu’ils veulent ».
Climat et nature. Par ailleurs, un engagement à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 dans la perspective de la COP26 de Glasgow (1er-12 novembre 2021) est escompté.
Le prochain sommet du G7 est prévu en juin dans les Cornouialles (à Cardis Bay). Ce serait la première réunion en présence physique depuis le sommet de Biarritz de 2019. Une occasion à saisir, selon Boris Johnson, pour « mieux reconstuire après le coronavirus ['build back better', selon la terminologie de l'ONU et du Forum économique mondial, NDLR], en s’unissant pour rendre l’avenir plus juste, plus vert et plus prospère ». (Aminata Niang)