Si la relance verte post-Covid-19 de l'UE a dominé la réunion du Conseil Ecofin, mardi 16 février, les ministres européens des Finances ont également eu une discussion préliminaire sur les moyens, pour l'UE, d'aider à financer la relance des pays tiers les plus pauvres qui sont menacés par un tsunami de la dette publique.
Cette aide s'inscrirait dans le cadre d'une initiative de l'UE pour une relance mondiale dont la commissaire aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, a présenté aux ministres les modalités qu'envisage la Commission pour combler le déficit de financement, au niveau mondial et au niveau des différents pays (EUROPE 12656/4).
« Nous avons entamé les discussions sur la manière de faire en sorte que l'UE mène une action forte et coordonnée pour aider au mieux les pays à faibles revenus dans le besoin, de la meilleure manière qui soit », sachant que la moitié d'entre eux « sont actuellement à haut risque ou déjà en situation de surendettement », a déclaré le ministre portugais des Finances, João Leão, à l'issue de la visioconférence ministérielle.
Par cette discussion, il s'agissait de préparer les prochaines réunions internationales sur ce sujet - celles du FMI et du G20 en avril et le sommet sur le financement des économies africaines qu’organisera le président français en mai, à Paris, comme l’avait annoncé M. Macron au Conseil européen d’octobre 2020 (EUROPE 12583/5).
Le ministre portugais a confirmé à cette occasion que, « dans le contexte des efforts pour soutenir les pays en développement et leur reprise », la Présidence portugaise accueillera, à Lisbonne, en avril, « un forum de haut niveau UE/Afrique sur les investissements verts, en collaboration avec la Banque européenne d'investissement » (BEI). Ce forum, prévu le 23 avril, se concentrera sur la transition énergétique et l’investissement vert en Afrique.
Le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, a cité parmi les mesures envisagées pour aider les pays à revenus intermédiaires : - l'extension de l'initiative G20-Club de Paris de suspension du service de la dette (ISSD ou DSSI en anglais) en faveur des pays les plus vulnérables, « que l'UE promeut comme une réalisation majeure de la coopération au niveau multilatéral » ; - une nouvelle allocation au FMI, au-delà des 183 millions € déjà alloués par l’UE au Fonds du FMI de réduction des catastrophes et de secours (CCRT) pour l'allègement de la dette de 29 pays à faibles revenus ; - le renforcement de la politique fiscale et de l'administration fiscale de ces pays.
Une réédition des droits de tirage spéciaux du FMI, soutenue par plusieurs États membres comme l'Allemagne, la France et l'Italie, est également sur la table. (Aminata Niang)