L'Union européenne adapte de plus en plus sa stratégie vaccinale à la mutation du virus SARS-CoV-2. Si la Commission européenne tente désormais d'adapter ses contrats d'achat anticipé de vaccins à cette nouvelle réalité, elle présentera également, mercredi 17 février, son programme-pilote de biodéfense.
Ce programme, baptisé Hera Incubator, réunira les laboratoires, les autorités sanitaires, les scientifiques et la Commission européenne « avec d’importants fonds dédiés », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans une interview accordée au journal français Les Échos publiée mardi 16 février.
« Il faut mieux et plus séquencer pour détecter au plus vite les mutations. Nous devons assurer un échange d'information permanent avec l'Agence européenne des médicaments (EMA) pour qu'elle puisse accélérer son processus d'autorisation des futurs vaccins réadaptés aux mutations », a-t-elle précisé.
À ce stade, l'EMA a autorisé trois vaccins contre la Covid-19, sur les six ayant fait l'objet d'une préréservation européenne : ceux produits par les laboratoires Pfizer/BioNTech, Moderna et AstraZeneca.
Johnson & Johnson dépose officiellement sa demande d'autorisation
Mardi, Johnson & Johnson a officiellement déposé sa demande d'autorisation de mise sur le marché conditionnelle auprès de l'EMA. Par ailleurs, selon Mme von der Leyen, Curevac pourrait en faire autant au deuxième trimestre. Par contre, la présidente de la Commission n'a fourni aucun calendrier pour Sanofi-GSK, très certainement en raison du retard considérable pris par ce consortium.
Selon Reuters, la Commission, qui négocie actuellement de nouveaux contrats d'approvisionnement avec Novavax, Valneva et Moderna, souhaiterait désormais inclure une clause prenant en compte la mutation du virus, mutation qui inquiète beaucoup le Centre européen de prévention des maladies (ECDC) (EUROPE 12658/14).
Citant une source européenne, l'agence de presse affirme que « cela permettrait à l'UE de ne pas acheter de vaccins qui ne sont pas efficaces contre des variants répandus et de commander des versions améliorées à la place ». « Cependant, la source a déclaré que les clauses étaient vagues sur la définition des variants et sur le pouvoir juridique réel qu'elles donneraient à l'UE », nuance-t-elle. (Sophie Petitjean)