Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a détaillé, mercredi 10 février, à la veille d'un Conseil d'association UE/Ukraine, les initiatives de l'Union européenne pour aider l'Ukraine à démarrer en février sa campagne de vaccination anti-Covid-19.
Les programmes d'assistance macroéconomique à l'Ukraine seront réorientés de sorte que « 190 millions d'euros » serviront à répondre aux besoins du pays dans sa lutte contre la pandémie, a indiqué M. Dombrovskis à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre ukrainien, Denys Chmyhal. Dans le cadre de la Facilité COVAX, « l'Ukraine recevra 117 000 doses du vaccin de Pfizer/BioNTech en février et entre 2,2 et 3,7 millions de doses du vaccin d'AstraZeneca au premier semestre », a-t-il ajouté.
Et la Commission a demandé à la Pologne de revendre 1,2 million de doses du vaccin d'AstraZeneca à Kiev, les contrats d'achat groupé de l'UE passés avec les producteurs autorisant une telle démarche.
Lundi, la présidente de l'institution européenne, Ursula von der Leyen, avait demandé aux États membres d'agir de la sorte pour aider l'Ukraine. Kiev refuse d'acheter le vaccin russe Sputnik V, mais attend la livraison d'un vaccin chinois.
M. Dombrovskis s'est d'ailleurs inquiété de « l'impact de la désinformation russe sur le processus vaccinal en Ukraine ».
Assistance macroéconomique. Fin 2020, l'Union européenne avait versé à Kiev une première tranche de 600 millions d'euros dans le cadre d'une assistance macrofinancière de 1,2 milliard d'euros destinée à lutter contre l'impact de la pandémie de Covid-19 (EUROPE 12619/11).
M. Dombrovskis a rappelé que le déboursement de la deuxième tranche dépendra du respect de réformes « cruciales », par exemple du système judiciaire et en matière de lutte contre la corruption.
M. Chmyhal a assuré que son gouvernement allait avancer dans ce combat « systémique » contre la corruption, notamment par une réforme du secteur douanier. Il a aussi souhaité une indépendance accrue de son pays en matière d'approvisionnement énergétique ainsi que des privatisations.
L'UE s'est enfin dite prête à amorcer, en 2021, une révision de l'accord commercial la liant à l'Ukraine afin d'accroître l'accès réciproque aux marchés. (Mathieu Bion)