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Bulletin Quotidien Europe N° 12648
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / SantÉ

La Commission européenne salue les efforts de l'industrie pour accélérer la livraison de vaccins contre la Covid-19

L'heure est à l'apaisement entre l'Union européenne et les fabricants de vaccins contre la Covid-19. Après avoir essuyé des retards, les laboratoires Pfizer-BioNTech et AstraZeneca ont en effet annoncé, lundi 1er février, une augmentation de leurs livraisons en Europe.

Ces annonces sont intervenues au lendemain d'une visioconférence entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les représentants des laboratoires avec lesquels l'UE a passé des contrats d'achat anticipé de vaccins et quelques heures avant une réunion à Berlin (Allemagne) entre les gouvernements régionaux, le gouvernement fédéral et l'industrie pharmaceutique.

L'UE en campagne

Depuis plusieurs semaines, la Commission fait l'objet de critiques face à la lenteur de la vaccination (EUROPE 12647/2). De nombreux pays ont en effet dû interrompre leurs campagnes faute d'approvisionnement par les trois seules entreprises qui bénéficient d'une autorisation de commercialisation européenne, à savoir : Pfizer-BioNTech, Moderna et, depuis le 29 janvier, AstraZeneca

S'exprimant lundi, lors de la réunion de Berlin, la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a indiqué qu'à ce jour, 18,5 millions de doses de vaccin avaient été délivrées (17,6 millions de la part de BioNTech-Pfizer et 854 000 de Moderna, NDLR) et plus de 12 millions de vaccins administrés.

À l'avenir, ces chiffres devraient être répertoriés dans l'outil de suivi de la vaccination, lancé le même jour par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et qui recense le nombre de doses livrées et celles administrées [http://bit.ly/2NKsO1Z ].

« Est-ce que nous avons acheté assez de doses? Ce que je peux vous dire, c'est que nous avons acheté toutes les doses qui étaient disponibles à une date donnée », a déclaré pour sa part la négociatrice de l'UE pour les vaccins, Sandra Gallina, aux députés de la commission parlementaire des budgets. Elle a en outre nié être en retard dans la campagne de vaccination : « Nous sommes dans le peloton de tête, nous n’avons rien à envier à Israël ou aux États-Unis », a-t-elle soutenu devant les eurodéputés.

Les questions des parlementaires

Outre Pfizer, Moderna et AstraZeneca, la Commission a passé commande auprès de Sanofi-GSK, Johnson & Johnson (J&J) et CureVac, dont le vaccin n'est pas encore autorisé sur le territoire européen. Le vaccin de J&J devrait être le prochain, même s'il présente, à ce stade, une efficacité limitée à 66% pour les formes modérées à sévères de la maladie. Un septième contrat, celui avec Novavax, est « sur le point d'être signé », a laissé entendre l'eurodéputé Peter Liese (PPE, allemand) et un huitième, avec Valneva, devrait également voir le jour (EUROPE 12635/3). 

Sur l'argent dépensé par l'UE, les engagements étaient de 2,48 milliards d’euros et « nous avons réalisé des paiements pour 2,3 milliards d’euros», a précisé Mme Gallina. Il y a eu finalement 2,6 milliards d’euros d’engagements et les États membres ont décidé de compléter cette somme avec 750 millions d’euros, a précisé la négociatrice. « Nous avons déjà dépensé 373 millions d’euros ; donc, il reste 416 millions d’euros qui vont financer deux vaccins supplémentaires (les 7 et 8) », a-t-elle indiqué.

Le groupe S&D a toutefois réagi à ces arguments en estimant que les actions engagées n'étaient pas suffisantes et en réclamant un suivi, « quelle qu'en soit la forme ». De son côté, le groupe des Verts/ALE a soutenu l'idée du président du Conseil européen, Charles Michel, de déclencher l'article 122 pour lever la protection des brevets.

Les fabricants tentent de rattraper leurs retards 

Face aux menaces d'actions en justice brandies tour à tour par l'Italie, le président du Conseil européen, Charles Michel, et l'Allemagne, les entreprises pharmaceutiques affirment ne pas être fautives. 

L'alliance Pfizer-BioNTech s'est engagée à augmenter ses livraisons à partir de la semaine du 15 février pour respecter ses engagements du premier trimestre et à livrer « jusqu'à 75 millions de doses supplémentaires » au deuxième trimestre 2021. Sur l'année complète, le groupe - qui pourrait recevoir l'aide du groupe suisse Novartis - vise un objectif de 600 millions de doses maximum, ce qui représente la moitié de sa production en 2021. 

Après les remous de la semaine précédente, AstraZeneca, pour sa part, s'est engagé à fournir 9 millions de doses additionnelles à l'UE, pour atteindre un total de 40 millions de doses au cours du premier trimestre. Il ne s'agit toutefois que d'une demi-augmentation, vu que celle-ci fait suite à une baisse annoncée il y a 10 jours par la firme anglo-suédoise. En d'autres termes, au lieu d'une réduction de 60% des 80 millions de doses figurant dans le contrat d'achat anticipé, il s'agira plutôt d'une baisse de 50% des livraisons. 

La production du vaccin développé par CureVac - qui n'a pas encore été homologué au niveau européen, mais qui a déjà fait l'objet d'une précommande pour 405 millions de doses - devrait, quant à elle, être facilitée par d'autres entreprises, comme Bayer.

Programme pilote de défense biologique

La réunion de dimanche avec l'industrie pharmaceutique a aussi permis de lancer les travaux sur le programme de défense biologique (EUROPE 12647/2).

Ce projet pilote a été lancé dans l'attente d'une autorité européenne de préparation et de réaction aux urgences sanitaires (HERA) afin de proposer une approche plus structurée de la préparation à une pandémie. 

« Ce fut une réunion très constructive, avec de nombreuses suggestions pratiques », a commenté Mme von der Leyen, annonçant de nouvelles discussions avec l'industrie et les secteurs concernés au cours des prochaines semaines. (Sophie Petitjean, avec Lionel Changeur)

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