La proposition de directive sur la transparence des salaires est toujours en cours d’élaboration au niveau de la Commission européenne et « devrait être présentée dans les prochains mois », a indiqué à EUROPE un porte-parole de l’institution, mercredi 13 janvier.
Mesure phare de la nouvelle stratégie européenne sur l’égalité de genre (EUROPE 12440/7), ce premier texte législatif élaboré sous la houlette de la commissaire à l’Égalité, Helena Dalli, aurait initialement dû être présenté dans les 100 premiers jours du mandat de la Commission (EUROPE 12298/18). Sans succès.
Malgré les engagements répétés de Mme Dalli à rendre sa copie avant la fin de l'année dernière et une présentation brièvement envisagée à la mi-décembre (EUROPE 12595/23), rien n'a encore été présenté. Et, à en croire le calendrier législatif de la Commission du 23 décembre dernier, l'institution ne compte pas dévoiler sa directive avant mars 2021.
Sans donner davantage d’explications quant aux raisons de ce retard, le porte-parole de la Commission s’est contenté d’assurer à EUROPE que l’institution restait « pleinement engagée » à introduire des mesures contraignantes en matière de transparence salariale. « La qualité passe avant la vitesse », a-t-il ajouté.
D'autres s’impatientent. Après plusieurs relances (EUROPE 12595/23), la Confédération européenne des syndicats (CES) a affiché, mardi 12 janvier, des avis de recherche de la directive aux alentours de la Commission, à Bruxelles.
Dans une lettre adressée le jour même à la présidente de l'institution européenne, Ursula von der Leyen, la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF) estimait, quant à elle, que retarder la directive « serait une trahison pour [...] les millions de femmes qui occupent de manière disproportionnée des emplois qui les placent en première ligne de cette crise ».
L'initiative n'est toutefois pas attendue par tous avec la même impatience : plusieurs syndicats nationaux, organisations d'entreprises et autorités publiques s'étaient montrés sceptiques lors de la consultation lancée en janvier 2020, redoutant notamment une charge administrative supplémentaire pour les entreprises.
Voir la lettre de l'ETF : https://bit.ly/2LvdfKL et les résultats de la consultation : https://bit.ly/39s7Kom (Agathe Cherki)