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Bulletin Quotidien Europe N° 12635
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SÉCURITÉ - DÉFENSE / Espace

Sans autonomie stratégique dans l’espace, il n’y aura pas d’autonomie stratégique sur Terre, prévient M. Borrell

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a estimé, mercredi 13 janvier, qu’il ne pouvait y avoir d’autonomie stratégique sur la Terre si celle-ci n’était pas assurée dans l’espace.

« Sans autonomie stratégique dans l'espace, il ne peut y avoir d'autonomie stratégique sur Terre », a-t-il souligné à la Conférence sur l’espace, reprenant un récent rapport de l'Institut d'études de sécurité de l'UE.

Pour le Haut Représentant, l’espace est un élément crucial du travail visant à développer l’autonomie stratégique de l’UE, c'est « une des ‘lignes de front’ de l’autonomie stratégique », un « enjeu stratégique ». 

« L'espace est un facilitateur. Notre présence nous permet d'atteindre nos objectifs en matière de science, d'économie et de sécurité. De cette manière, notre secteur spatial européen est un catalyseur de l'autonomie stratégique européenne », a-t-il expliqué.

M. Borrell a rappelé que les services Galileo, Egnos et Copernicus allaient permettre d’amplifier la politique étrangère et de sécurité de l’UE, car ils peuvent fournir des capacités opérationnelles cruciales telles que la navigation de précision, la surveillance, les communications et la connaissance de la situation.

Et si l'UE fait déjà beaucoup, elle doit, selon lui, faire plus. « Le développement de capacités spatiales solides restera un objectif central pour les années à venir », a-t-il affirmé.

M. Borrell a expliqué que l'avenir de la politique spatiale de l'UE reposait sur deux piliers : la sécurité depuis l’espace et la sécurité de l’espace. La sécurité depuis l’espace porte sur la protection de la sécurité de l’UE et de ses citoyens, notamment l'amélioration des connaissances de la situation pour faire face à des enjeux de sécurité tels que la réaction aux catastrophes, la surveillance des frontières et des zones maritimes et les attaques terroristes. 

La sécurité de l’espace consiste à protéger la sécurité de l'Union dans l'espace. Ce pilier a, à son tour, deux volets : la capacité de l’UE à réagir en cas de menace pour les moyens spatiaux de l'Union et la surveillance du trafic spatial. « Ces deux piliers reposent sur une base solide : l''initiative 3SOS'. Celle-ci représente la sûreté, la sécurité et la durabilité de l'espace extra-atmosphérique. Il s'agit d'une campagne de l'UE visant à promouvoir un 'bon comportement' dans l'espace extra-atmosphérique, dans un contexte d'inquiétudes concernant les débris orbitaux et la course aux armements », a précisé le Haut Représentant.

Cette question du bon comportement est d'autant plus importante que, selon la présidente de la sous-commission ‘Défense et sécurité' du PE, Nathalie Loiseau, il y a de plus en plus d’acteurs présents dans l’espace et que tous « ne partagent pas les mêmes intérêts dans l’espace. La compétition n’est pas nécessairement pacifique ». Lors d'un débat à la Conférence sur l'espace, elle a rappelé que les menaces pour la capacité des autres acteurs à utiliser l’espace étaient clairement devenues un objectif pour certains pays, citant la Chine ou la Russie.

Pour Mme Loiseau, si elle doit continuer à défendre le multilatéralisme, l’UE doit faire davantage, notamment en termes de synergies. « Le développement de la PSDC, des missions de PSDC et des initiatives de défense doit pleinement inclure l’espace », a-t-elle estimé. « Il faut assurer des synergies entre le Fonds européen de défense (FED), les programmes spatiaux, Horizon 2020 et le Plan de relance pour soutenir le secteur de l’espace », a ajouté l'eurodéputée.

Selon Timo Pesonen, directeur général de la DG DEFIS à la Commission, environ 25 milliards d’euros sont dédiés à la défense et à l’espace dans le cadre financier pluriannuel 2021-2027, si on prend en compte le FED, les programmes spatiaux, Horizon 2020 et la mobilité militaire.

Au-delà des aspects financiers, Mme Loiseau a appelé l’UE à faire plus en termes de régulation. Regrettant que la directive sur les infrastructures critiques n’inclue pas l’espace, elle a estimé que le nouveau mécanisme européen de filtrage des investissements directs étrangers devrait protéger le secteur spatial des influences extérieures. (Camille-Cerise Gessant)

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