La Commission européenne a publié, lundi 7 décembre, des lignes directrices destinées à aider les plateformes en ligne à être plus transparentes à propos de leurs paramètres de classement, conformément au règlement 2019/1150 de l'UE sur les relations entre plateformes et utilisateurs professionnels (P2B).
« Étant donné que les entreprises dépendent de plus en plus de solutions numériques pour atteindre les consommateurs, leur position dans les résultats de recherche en ligne peut signifier réussir ou disparaître. Ces lignes directrices augmenteront la transparence du classement et permettront aux entreprises de se concurrencer équitablement en ligne dans le marché unique de l'UE », a commenté le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton.
Le règlement P2B, applicable dans toute l'Europe depuis le 12 juillet 2020, oblige les places de marché et les moteurs de recherche à indiquer les principaux paramètres qu'ils utilisent pour classer les biens et les services sur leurs sites, afin d'aider les vendeurs à comprendre comment optimiser leur présence (article 5). Il vise à aider les vendeurs tout en empêchant les manipulations du système de classement. Ce règlement prévoit la publication, par la Commission, de lignes directrices non contraignantes pour aider les plateformes à remplir leurs obligations.
Pour répondre à cette exigence, la Commission européenne publie donc aujourd'hui un document édictant des principes généraux et des principes spécifiques ainsi que deux annexes donnant des exemples de paramètres de classement et de rémunération directe et indirecte.
Le document principal indique, par exemple, que « ce qui est décrit comme étant les principaux paramètres devrait être ce qui est réellement le plus important pour déterminer le classement ».
Pour déterminer quel ensemble de paramètres est « déterminant », les fournisseurs pourraient considérer ce qui a motivé la conception de l’algorithme en premier lieu (par exemple, si cela doit répondre au désir de s'assurer que les consommateurs trouvent des biens ou des services locaux, bon marché, de haute qualité, etc.). De même, le fournisseur pourrait envisager ce qui rendrait les consommateurs des services les plus satisfaits. Lorsqu'un fournisseur identifie un grand nombre de paramètres de classement, il pourrait envisager de les diviser en plusieurs grandes catégories, puis examiner quelles sont les sous-catégories.
Pour ce qui est des principes spécifiques, le document donne l'exemple de la personnalisation, du comportement de recherche de l'utilisateur, de l'historique de l'utilisateur, du paramétrage par défaut, etc.
« La transparence est la voie à suivre en Europe et nous mettons la touche finale aux règles permettant à tous les services numériques de coopérer avec les régulateurs et aux plus grandes plateformes de fournir plus d'informations sur le fonctionnement de leurs algorithmes », a commenté pour sa part la vice-présidente, Margrethe Vestager, en référence aux propositions sur les services numériques et les marchés numériques, qui seront présentées le 15 décembre.
Lien vers le document : https://bit.ly/36PjfpC (Sophie Petitjean)