Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont réaffirmé, lundi 7 décembre, l'importance stratégique du partenariat entre l'UE et les États-Unis, « qui constitue la relation la plus importante et la plus étroite au monde ».
« Les ministres ont souligné qu’un partenariat fort, réciproque et clairvoyant devait devenir l’épine dorsale pour une alliance renouvelée entre l’UE et les États-Unis », a précisé le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, devant la presse, à l’issue du Conseil 'Affaires étrangères'.
Soulignant qu'après la victoire de Joe Biden aux élections présidentielles américaines, un agenda transatlantique renouvelé était nécessaire pour trouver des réponses communes aux défis mondiaux, le Conseil explique, dans les conclusions qu’il a adoptées, qu’il souhaite « engager un dialogue politique régulier, global et stratégique avec les États-Unis, y compris au plus haut niveau, afin de réaliser pleinement le potentiel du partenariat transatlantique ».
Les États membres se disent prêts à discuter de l'orientation stratégique de toutes les politiques d'intérêt commun et se réjouissent à la perspective d'étendre la coopération avec les États-Unis.
Les conclusions mettent en avant toute une série de domaines de coopération : lutte contre la Covid-19, transition numérique et verte, commerce, politique étrangère et de sécurité, nouvelles technologies ou encore contacts interpersonnels.
Ainsi, les ministres estiment qu’il est urgent de lutter, avec Washington, contre la pandémie de coronavirus, d'assurer une reprise économique verte, d'accélérer les transitions verte et numérique, de travailler sur la lutte contre le changement climatique et de renforcer les valeurs communes.
« Afin de stimuler la reprise économique, nous devrions travailler ensemble à l'approfondissement de nos relations économiques, y compris au règlement des différends commerciaux », souligne le Conseil, qui appelle à aborder la question de l'extraterritorialité des mesures américaines.
Selon les Européens, il est également « temps de concrétiser notre soutien au multilatéralisme », notamment en réformant l’OMC et l’OMS.
Les ministres proposent aussi de travailler avec les Américains pour renforcer leur résilience stratégique et leur sécurité énergétique, contrer les menaces hybrides, y compris la désinformation, résister à la coercition économique et aux attaques contre les infrastructures critiques, intensifier les efforts pour lutter contre les pratiques commerciales déloyales et veiller à maintenir leur avance technologique.
De plus, pour le Conseil, il est essentiel de continuer à investir dans les contacts interpersonnels, « par le biais d'une coopération dans les domaines de la science, de la recherche et du développement, de l'éducation, de l'Internet et de la société de l'information, des affaires et de la culture, afin de renforcer notre partenariat ». Il rappelle donc qu’une pleine réciprocité en matière de visas avec les États-Unis pour tous les États membres de l’UE reste une priorité.
Au-delà de la coopération en matière de politique étrangère, y compris la préservation de l’accord sur le nucléaire iranien, les deux parties devraient, selon le Conseil, continuer à entretenir une coopération et un dialogue étroits dans le domaine de la sécurité et de la défense. L’Union et les États-Unis devraient encore renforcer leurs efforts communs, « notamment par un partenariat stratégique UE/OTAN renforcé et mutuellement bénéfique ».
Et alors que les Américains ne voient pas toujours d’un bon œil les velléités d’autonomie stratégique de l’UE, les ministres précisent que les initiatives de l'UE en matière de sécurité et de défense renforceront la contribution européenne à la sécurité transatlantique.
Plus largement, en « poursuivant sa ligne d'action stratégique et en augmentant sa capacité à agir de manière autonome », une Union européenne plus forte contribuera activement à renforcer le partenariat transatlantique et sa capacité à tenir ses promesses, estime le Conseil. « Les relations transatlantiques et l’autonomie stratégique vont main dans la main. Ce sont les deux côtés d’une même pièce », a affirmé M. Borrell.
Voir les conclusions : https://bit.ly/3owkgsN (Camille-Cerise Gessant)