C’est un rapport de progrès sur le Pacte 'Asile et Migration' que la Présidence allemande du Conseil de l’UE soumettra le 14 décembre aux ministres de l’Intérieur de l’UE, a indiqué le 7 décembre le ministre allemand Horst Seehofer.
À défaut d'un accord politique général sur les grandes lignes du Pacte, ce rapport de progrès permettra de savoir où se situent les États membres au sujet de cette réforme de l’asile et de la migration soumise le 23 septembre et servira de base pour la Présidence portugaise, a expliqué le ministre devant les élus de la commission des Libertés civiles du PE, qui voulaient entendre un bilan provisoire de son action.
Concernant le Pacte, qui déjà était arrivé « tardivement », le ministre a souligné l’existence de divergences entre les États membres sur des questions comme la solidarité et la relocalisation de demandeurs d’asile en temps de crise ainsi que sur les nouvelles procédures de contrôle des migrants aux frontières extérieures.
« Mais il y a accord entre nous sur la dimension extérieure » de la migration et les rapports avec les pays tiers, a-t-il dit.
Mais sur le volet interne, il a concédé que les pays dits de première entrée souhaitent avoir des garanties que « tous les réfugiés ne resteront pas dans leur pays » quand d’autres ne veulent pas de relocalisation obligatoire et préfèrent « aider avec de l’envoi de personnel ».
Le ministre a aussi été interrogé sur la solidarité de l’Allemagne en matière migratoire avec la Grèce et l’Italie. L’Allemagne a ainsi beaucoup prêté main-forte à la Grèce après l’incendie du camp de Moria et a toujours été parmi les pays ayant pris le plus de demandeurs d’asile depuis les îles grecques, a-t-il plaidé.
Interrogé par plusieurs élus sur les agissements de Frontex et les accusations de refoulements de migrants, le ministre n’a toutefois pas donné de réponse.
Le secrétaire d’État à la Justice, Christian Lange, était lui aussi interrogé en même temps sur les aspects Justice de la Présidence. Les élus ont centré une partie de leurs interventions sur l’action jugée inefficace de la Présidence allemande en ce qui concerne l’article 7 visant la Hongrie et la Pologne, la Présidence ayant été critiquée pour n’avoir tenu aucune discussion sur ces deux procédures. L'élue des Verts/ALE, Tineke Strik, a ainsi demandé quel sort attendait ces deux procédures, qui semblent désormais « mortes », mais le secrétaire d’État à la Justice n’a pu que s’en référer aux ministres des Affaires européennes qui, eux seuls, « négocient l’article 7», a-t-il répondu.
Pacte au 'Coreper'
Les ambassadeurs nationaux auprès de l'UE ont discuté à leur niveau de la réunion du 14 décembre prochain et du Pacte sur l'asile et la migration. Un seul rapport de progrès est en effet envisagé, les différences d'approche restant trop importantes, a confirmé une source, qui indique par ailleurs que les positions respectives sur le sujet n'évoluent pas. (Solenn Paulic)