Annoncée pour exercer la présidence du Comité des ministres du Conseil de l'Europe en mai 2021, la Hongrie a été mise en cause, lors d'un débat d'actualité organisé ce matin par l'Assemblée parlementaire. Au cœur des critiques : son refus de signer la Déclaration d'Athènes adoptée le 4 novembre par le Comité des ministres.
Intitulée « Répondre à une crise sanitaire dans le respect des droits de l'homme, de la démocratie et de l'État de droit », cette Déclaration alerte, entre autres, sur l'augmentation des violences sexistes durant la pandémie et « souligne le rôle de la Convention d'Istanbul » pour lutter contre ce phénomène. Cette mention a suffi à bloquer la signature de trois États membres sur 47 : l'Azerbaïdjan, la Turquie et la Hongrie, dont le Parlement a rejeté la ratification de la Convention d'Istanbul en mai 2020, jugeant qu'elle « promouvait l'idéologie destructrice du genre ».
« Ce refus de signer la Déclaration d'Athènes pose la question du partage de nos valeurs », s'est emporté le libéral français Jacques Maire en ouverture des débats. Point de vue partagé par d'autres orateurs.
Németh Zsolt, chef de la délégation hongroise et membre du Fidesz a rétorqué que la Hongrie était « favorable à l'esprit de la Convention », mais n'avait pu signer la Déclaration d'Athènes à cause d'un « problème de rédaction ». Elle avait proposé d'ajouter « et des mesures nationales pertinentes » après « le rôle de la Convention d'Istanbul », ce qui a été refusé.
Présent à Athènes, Rik Daems, président de l'Assemblée, a tenu à préciser son « sentiment personnel » à la fin des débats : « un ou plusieurs pays pensaient qu'en approuvant la Déclaration d'Athènes, ils pourraient être perçus par leur opinion publique comme approuvant une Convention qu'ils n'ont pas adoptée ». (Véronique Leblanc)