Les ministres de la Défense européens ont approuvé, le 20 novembre, le tout premier examen annuel coordonné en matière de défense (CARD).
Le « CARD fournit le tout premier examen complet de défense conduit au niveau de l’UE, analysant le paysage européen à court, moyen et long termes », a expliqué le chef exécutif de l’Agence européenne de Defense, Jiří Šedivý, à des journalistes, dont EUROPE. Selon lui, s’il est bien compris et utilisé, cet examen pourrait vraiment changer la donne dans la durée.
M. Šedivý est revenu sur le processus CARD. Il y a eu, pour la toute première fois, un dialogue structuré approfondi avec les planificateurs nationaux au niveau européen identifiant des objectifs communs de planification et des domaines sur lesquels se concentrer, mais aussi la génération de possibilité de collaboration. De plus, pour la toute première fois, une « analyse à 360 degrés » du paysage européen de la défense dans les 26 États membres de l’Agence a eu lieu et un ensemble de recommandations ont été établies sur la manière de passer d’une coopération ad hoc à une coopération permanente et structurée.
« La défense de l'UE souffre d'une fragmentation, d'une duplication et d'un engagement opérationnel insuffisant », a résumé le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, devant les médias.
« Cela nécessite des efforts continus et coordonnés entre les États membres dans trois domaines principaux liés entre eux : les dépenses de défense, la planification de défense et la coopération en termes de défense », a estimé M. Šedivý.
Le rapport identifie des possibilités claires de coopération multinationale et recense 55 possibilités dans tous les domaines militaires : 17 dans les opérations terrestres, 14 pour les opérations aériennes, 12 pour les opérations maritimes, 3 dans le cyberespace, 4 pour l'espace et 5 pour les opérations conjointes et la Facilitation. Il recommande aussi 56 occasions de collaboration dans le domaine de la recherche et de la technologie.
CARD identifie six domaines d’action sur lesquels les États membres doivent concentrer leurs efforts, car ces domaines ont un fort potentiel de stimulation des performances opérationnelles de l'UE et de ses États membres à court et moyen termes, tout en garantissant le savoir-faire industriel. Il s’agit : - du char de combat principal, pour lequel 11 pays ont exprimé leur intérêt à poursuivre la coopération ; - de l'engin de surface européen de catégorie patrouille (7 pays) ; - des systèmes fantassins (10 pays) ; - de la lutte contre les systèmes aériens sans pilote (UAS) / les dénis d’accès et les interdictions de zone ; - de la défense spatiale ; - et du renforcement de la mobilité militaire.
Selon M. Šedivý, les résultats de l'examen CARD ne seront pas visibles avant plusieurs années. « Je voudrais encourager les États membres à prendre en compte les recommandations du CARD et à les refléter dans leurs révisions stratégiques ou leur plan à mi-parcours », a-t-il plaidé. (Camille-Cerise Gessant)