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Bulletin Quotidien Europe N° 12587
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / ÉgalitÉ de genre

Le PE appelle la Commission à pallier la sous-représentation des femmes au SEAE avant de s'engager pour l'égalité de genre à l'étranger

Balayons devant notre porte : c'est en substance ce qu'ont réclamé une majorité d'eurodéputés, jeudi 22 octobre, lors d’un débat sur l’égalité de genre dans la politique extérieure de l’UE.

Alors que la Commission entend faire de l’égalité hommes-femmes une priorité en matière de politique étrangère – ainsi que l’a martelé la commissaire chargée des Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen –, les femmes demeurent presque absentes des instances de décision en la matière.

« Comment est-il possible que les postes d'encadrement supérieur du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) soient encore occupés à 87% par des hommes ? », a interrogé Samira Rafaela (Renew Europe, néerlandaise), s'étonnant que l’UE ne soit pas « embarrassée » que ses institutions ne reflètent pas ses convictions.

« La construction d'une paix durable n'est tout simplement pas possible sans la construction d'une société plus inclusive », a souligné, quant à elle, Frances Fitzgerald (PPE, irlandaise).

Le rapporteur, Ernest Urtasun (Verts/ALE, portugais), et Hannah Neumann (Verts/ALE, allemande), rapporteur pour avis, ont également détaillé les actions envisagées dans leur proposition de résolution (EUROPE 12530/20) pour pallier cette sous-représentation.

Leur résolution requiert ainsi que 50% des postes d’encadrement soient occupés par des femmes, y compris ceux de chefs de délégation et de mission et d'opérations relevant de la Politique de sécurité et de défense commune.

Le texte demande par ailleurs un conseiller à plein temps chargé des questions d’égalité de genre et du programme d’action relatif aux femmes, à la paix et à la sécurité, dans chaque direction du SEAE.

Aux détracteurs du rapport, en particulier au groupe CRE - dont le coordinateur, Charlie Weimers (suédois), a dénoncé une obsession concernant le sexe et une approche méprisant le mérite, Hannah Neumann a opposé une anecdote.

Elle a rappelé à ses collègues que, lorsque la mission militaire Sophia a été lancée en 2015, et alors que de longues discussions se tenaient sur le type d’armes nécessaires pour maîtriser les migrants sur le bateau, une femme avait attiré l’attention des décideurs sur l’importance d’embarquer également des serviettes hygiéniques et des couches, qui se sont révélées bien plus utilisées que les armes.

« Cet exemple montre à quel point la diversité permet de prendre de meilleures décisions », a conclu la députée.

La résolution, qui sera votée vendredi en plénière, prône en outre une meilleure utilisation des fonds européens et réclame que les programmes ayant pour objectif l’égalité des genres bénéficient de 85% des financements alloués dans le cadre du règlement relatif à l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI).

Ernest Urtasun, enfin, a appelé la Commission à œuvrer au respect « de la santé et des droits sexuels et reproductifs des femmes », rappelant que ceux-ci étaient menacés à l'intérieur de l'UE (EUROPE 12585/17) comme à l'extérieur, en particulier dans les zones de crise, où les femmes sont exposées à l'exploitation sexuelle et au viol comme arme de guerre. (Agathe Cherki)

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