Le Premier ministre du Kosovo, Avdullah Hoti, a expliqué aux députés de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, jeudi 10 septembre, que le dialogue avec la Serbie sous l’égide des États-Unis et celui facilité par l’UE étaient complémentaires.
Le Premier ministre s’est dit favorable au fait que les États-Unis soient très impliqués, en commençant par la normalisation économique, qui, selon le Premier ministre, « amènera à toutes les normalisations ». L’accord signé le 4 septembre à Washington par les dirigeants kosovar et serbe porte principalement sur des questions économiques et en matière d’infrastructures, mais il contient également des éléments politiques (EUROPE 12554/14).
M. Hoti a qualifié de « réconfortant » le fait de voir les États-Unis et l’UE travailler en « coordination absolue » sur la question des relations Kosovo/Serbie.
Le Premier ministre a promis qu’il allait profiter du climat favorable créé par l’accord américain « pour arriver à la normalisation pleine et entière des relations » avec la Serbie, avec qui l'accord sera économique et politique. Par ailleurs, pour M. Hoti, une normalisation complète des relations avec Belgrade passera par une reconnaissance mutuelle. « Tout le monde a bien compris » cela, a-t-il ajouté, expliquant qu’« à ses yeux, il n’y avait pas d’autre solution » et qu’il s’agissait de la seule solution pour calmer la situation sur le terrain et bloquer les influences étrangères.
Estimant qu’il n’y avait « pas un seul pays dans la région (des Balkans occidentaux) aussi engagé que nous dans la voie européenne », M. Hoti a appelé à la libéralisation des visas pour les Kosovars. « C’est la question la plus importante sur la voie de l’intégration européenne », a-t-il expliqué, ajoutant que le nombre de demandes d’asile illégitimes de la part de Kosovars dans l’UE avait diminué de 50% en deux ans. Le Premier ministre a espéré que son pays puisse être candidat à une adhésion à l’UE « dans quelques années ». (Camille-Cerise Gessant)