Le représentant spécial de l’Union européenne pour le dialogue entre la Serbie et le Kosovo, Miroslav Lajčák, a annoncé, lundi 7 septembre, à l’issue d’une nouvelle réunion entre le Premier ministre kosovar, Avdullah Hoti, et le président serbe, Aleksandar Vučić, des progrès significatifs ('full progress') dans les discussions bilatérales promues par l'UE.
« Nous avons discuté de la coopération économique et des personnes manquantes et déplacées », sujets déjà abordés lors de la rencontre précédente, « et je suis heureux d’annoncer que nous avons fait des progrès significatifs dans ces discussions », a-t-il déclaré à la presse.
La rencontre a également été l’occasion d’aborder, pour la première fois, la question des arrangements communautaires non majoritaires et celle du règlement des créances financières/biens mutuels, deux sujets « très sensibles et très importants pour les futures relations et pour la vie de tous les jours » des Kosovars et des Serbes, avait prévenu le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, juste avant les discussions. Sur ces deux points, M. Lajčák a précisé que le premier échange avait permis de définir les prochaines étapes de la discussion et que ces sujets seraient abordés lors de la prochaine rencontre, qui devrait, selon lui, se tenir avant la fin du mois.
En attendant, des discussions au niveau technique se tiendront dès la semaine prochaine.
Le représentant spécial de l’UE s’est montré satisfait des discussions. Tout en soulignant que les débats avaient été intenses, il a salué la volonté des deux parties d’avancer dans les discussions malgré la complexité et la difficulté des sujets. M. Lajčák a estimé important que les deux dirigeants aient confirmé que l’intégration européenne de leurs pays était une priorité absolue et leur volonté de continuer le dialogue facilité par l’UE.
Un rappel pas anodin alors que MM. Hoti et Vučić étaient à Washington la semaine dernière, où ils ont signé une série d’accords.
Si, selon le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, l’UE avait été prévenue des sujets économiques discutés à la Maison-Blanche, elle ne l'avait pas été sur les autres questions. L’une d’elles, controversée, porte sur l’installation à Jérusalem des ambassades serbe et kosovare.
M. Borrell, sans mentionner précisément ce point, a rappelé que les deux parties s’étaient « engagées à assurer la poursuite de l'alignement de l'UE conformément à leurs obligations respectives ». (Camille-Cerise Gessant)