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Bulletin Quotidien Europe N° 12554
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ACTION EXTÉRIEURE / Royaume-uni

Tensions ravivées entre le gouvernement britannique et l'UE à l'entame d'un nouveau cycle de négociations

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a réagi, le 7 septembre, aux affirmations de la presse britannique selon lesquelles le gouvernement britannique serait prêt à modifier des éléments de l’accord de retrait relatifs à l’Irlande du Nord et a rappelé à Londres qu’« en vertu du droit international », ce même gouvernement est tenu de respecter cet accord signé avec Bruxelles en octobre dernier.

Alors que s’est ouvert ce lundi un nouveau cycle de négociations entre l’UE et le Royaume-Uni dans la capitale britannique, le Financial Times a révélé que le gouvernement de Boris Johnson présenterait ce 9 septembre un projet de loi visant à modifier des aspects du protocole sur l’Irlande du Nord afin de les adapter à une situation de ‘no deal’ dans la future relation.

Selon le journal, ces amendements reviendraient, entre autres, sur les dispositions douanières fixées, à mi-chemin entre droit britannique (pour les produits restant dans le marché britannique) et droit de l’UE pour toute marchandise ayant l’UE comme destination.

« Je fais confiance au gouvernement britannique pour mettre en œuvre l'accord de retrait, une obligation en vertu du droit international et une condition préalable à tout futur partenariat »a réagi sur Twitter la présidente de la Commission. « Tout ce qui a été signé dans le passé doit être respecté », a réagi pour sa part le négociateur de l'UE, Michel Barnier. « C'est le gage de la confiance pour l'avenir ».

Dans la journée, le porte-parole du Premier ministre Boris Johnson, qui devait aussi s’exprimer publiquement sur les négociations, a confirmé que le gouvernement envisage des « précisions raisonnables et ciblées » pour lever les ambiguïtés de l’accord de retrait liées notamment à une absence d’accord sur la future relation.

Le pays reste cependant « pleinement engagé » à mettre l’accord de retrait en œuvre et les changements proposés ne seront, selon le porte-parole cité par Reuters, que des « clarifications limitées ».

Bluff ou pas, le scénario d’un échec des négociations sur les futures relations reste en tout cas probable tant les deux parties ont campé sur leurs positions respectives lors des cycles précédents et se sont accusées mutuellement de bloquer tout progrès sur la pêche ou les conditions de concurrence équitables.

« L’accord de retrait a été signé par le gouvernement, ratifié par le parlement britannique et est entré en vigueur... si le Royaume-Uni décide de ne pas l’appliquer, les outils existent pour réagir, notamment dans le cadre du règlement des différends », commente un diplomate.

« Depuis le tout début des négociations, l'UE s'est engagée de manière constructive et de bonne foi avec le Royaume-Uni. Nous nous efforçons de tirer le meilleur parti du cycle de négociations de cette semaine et des cycles suivants », a commenté le porte-parole chargé du Brexit, Daniel Ferrie, ajoutant que l’UE a fait « de multiples propositions » pour faire avancer les discussions.

Dans son allocution en amont du nouveau cycle, Boris Johnson a fixé à son tour un ultimatum à l’UE, lui demandant de permettre un accord « pour le 15 octobre ».

Un ‘no deal’, un « bon résultat » malgré tout

« L'UE a été très claire sur le calendrier. Je le suis aussi. Il faut qu'un accord soit conclu avec nos amis européens d'ici le Conseil européen du 15 octobre, si nous voulons qu'il entre en vigueur avant la fin de l'année », a commenté Boris Johnson. « Si nous ne pouvons pas nous mettre d'accord d'ici là, alors je ne vois pas d'accord de libre-échange entre nous et nous devrions tous deux l'accepter et aller de l'avant ».

Londres aurait « alors un accord commercial avec l'UE comme celui de l'Australie. Je veux être absolument clair sur le fait que, comme nous l'avons dit dès le début, ce serait un bon résultat pour le Royaume-Uni », a encore dit le Premier ministre, assurant que son gouvernement travaille quand même toujours à trouver un accord avec l’UE. (Solenn Paulic)

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