Au lendemain de nouvelles manifestations monstres en Biélorussie et de l’arrestation de plus de 600 personnes, plusieurs membres de la société civile biélorusse ont demandé à l’Union européenne de faire plus pour les aider.
« La voix de la communauté internationale et du Parlement européen en soutien au peuple biélorusse est nécessaire. Celui-ci souhaite vivre dans une démocratie, dans une société d’état de droit », a souligné Ales Bialiatski, président du centre pour les droits de l’homme Viasna, lors d’une audition en sous-commission des Droits de l’homme du Parlement européen.
« Le peuple biélorusse renait de ses cendres, tel un phénix. On ne peut compter que sur nos propres forces ; personne ne peut forger notre avenir, nous sommes les seuls à pouvoir le faire », a ajouté Alexander Yarashuk, président du Congrès biélorusse des syndicats démocratiques (Belarussian Congress of Democratic Trade Unions). Il a cependant précisé que les Biélorusses avaient besoin de soutien, d’une assistance « de ceux qui comprennent que notre lutte est très importante ».
Selon M. Bialiatski, l’UE doit aussi aider le peuple biélorusse, et généraliser la libéralisation des visas.
Il a également appelé les Européens à intensifier la pression sur les autorités biélorusses « pour qu’elles respectent le droit international », mais aussi sur la Russie qui soutient le régime. Et d'ajouter que les « sanctions politiques », que l'UE pourrait adopter prochainement, devaient viser les vrais responsables de la falsification des élections et des répressions.
Lors de l’audition, les députés ont apporté leur soutien à la société civile et au peuple biélorusses. Ils ont plaidé pour l’instauration de sanctions, à l’image de Leopoldo López Gil (PPE, espagnol), qui a souhaité des mesures « concrètes, proportionnelles » à la situation et qui « permettront de défendre la démocratie ».
Selon l’agence de presse Reuters, les États membres se seraient mis d’accord pour sanctionner 31 personnes et ces mesures devraient être officiellement adoptées lors du Conseil 'Affaires étrangères' du 21 septembre.
Les députés européens ont aussi appelé à la mise en place d’une commission d’enquête internationale et à un dialogue national en Biélorussie.
Un dialogue que M. Yarashuk a jugé difficile à mettre en place. « Aujourd’hui, nous sommes dans l’impasse. Ce dialogue est impossible : les autorités ne sont pas prêtes à s’engager dans un tel dialogue, peu importe les appels que l’on entend », a-t-il expliqué, estimant que « la seule solution (était) de résister ». Selon lui, tant que le conseil de coordination - dont il est membre - sera une « plateforme de négociation » et non pas un organe politique, « les autorités continueront à l’ignorer et à détenir des membres de ce conseil ».
Et, si le projet de rapport du PE de Petras Auštrevičius (Renew Europe, lituanien) sur la Biélorussie ne devrait être adopté qu’en octobre, celui-ci a souhaité que, dès septembre, le Parlement européen se mette d’accord sur des lignes directrices qui seront la voie à suivre pour l’UE. (Camille-Cerise Gessant)